Depuis 1804, une question empoisonnée circule dans les salons feutrés de l’Occident : « Pourquoi Haïti échoue-t-elle ? »
Pour les idéologues de l’impérialisme, la réponse est mystique ou raciale. La vérité est pourtant bien plus sombre : Haïti n’est pas un pays en échec, c’est un pays systématiquement saboté. Ce que l’on nomme pompeusement « crise haïtienne » est le produit d’une « malédiction blanche » : un acharnement pluriséculaire des puissances occidentales pour punir la première nation noire d’avoir brisé ses chaînes.
L’extorsion originelle : le hold-up de 1825
Le décollage d’Haïti n’a pas été freiné par l’incompétence, mais par un braquage d’État. En 1825, la France de Charles X, incapable de digérer sa défaite militaire, revient avec ses navires de guerre pour exiger 150 millions de francs-or.
Le crime : forcer les anciens esclaves à payer pour leur propre liberté.
Le résultat : une saignée financière qui a duré plus d’un siècle, finançant le luxe parisien pendant que Port-au-Prince était condamnée à la misère structurelle.
L’ingérence comme arme de destruction massive
Au XXᵉ siècle, les bottes américaines ont pris le relais des canons français. Mais c’est l’histoire récente qui dévoile le visage le plus hideux de ce néocolonialisme :
Le piétinement des urnes : les coups d’État de 1991 et du 29 février 2004 contre Aristide n’étaient pas des « transitions », mais des attentats contre la volonté populaire, orchestrés pour briser tout espoir de réforme sociale.
Le protectorat des Clinton : l’avènement de Michel Martelly, marionnette imposée par le clan Clinton, a transformé le pays en un comptoir où l’aide post-2010 a servi de « machine à cash » pour les ONG internationales.
L’exécution de Jovenel Moïse : un crime transnational planifié sur le sol américain, impliquant la firme CTU Security, avec l’ombre de la CIA. Un message clair : même un président n’est pas souverain face à l’Empire.
Le simulacre du CPT : un bras de fer sous haute tension
Le spectacle actuel est l’ultime insulte. Sous l’égide de la CARICOM, véritable relais de complicité de la diplomatie américaine, est né le Conseil présidentiel de transition (CPT). Sa mission était claire : rétablir la sécurité et organiser des élections honnêtes. Pourtant, nous arrivons au 7 février, date butoir de l’accord, et le constat est celui d’un échec total sur tous les fronts.
Aujourd’hui, un bras de fer violent oppose les deux branches d’un pouvoir domestiqué au service de l’impérialisme. D’un côté, une majorité de membres du CPT tente de renverser le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. De l’autre, ce dernier, véritable « fils aimé » de Washington, bénéficie du soutien indéfectible du Département d’État.
Sans aucun égard pour les usages diplomatiques, les États-Unis menacent désormais directement les membres du CPT de représailles s’ils touchent à leur poulain — un homme dont la plume ne signe qu’au profit des intérêts de classe et des agendas étrangers.
« Haïti n’est pas maudite. Elle est assiégée. Elle est le laboratoire où l’Occident teste jusqu’où il peut pousser l’humiliation d’un peuple souverain. »
Conclusion : la seule issue est populaire
La « malédiction blanche » n’est pas une fatalité, c’est un système. Ce système qui nomme nos dirigeants, planifie nos assassinats et gère notre pauvreté pour mieux la faire durer. La solution ne viendra ni d’une mission étrangère, ni d’un énième technocrate parachuté par le Blanc.
Face à l’imminence du 7 février 2026 et à l’effondrement qui nous guette, la seule voie de salut reste la mobilisation populaire.
« Ce n’est pas une bataille que l’on gagne en cavalier seul. Il nous faut rester unis et solidaires. »
Il est impératif de renverser ce système une fois pour toutes. Seul un dialogue social inclusif, réunissant toutes les forces vives et authentiques de la nation, pourra freiner notre chute vers l’abîme et jeter les bases d’une Haïti véritablement souveraine.
L’heure n’est plus à la négociation avec les oppresseurs, mais à la décolonisation définitive et au réveil de la conscience nationale.
Dupin Jean Mackendy
Citoyen engagé & libre-penseur

