Cap-Haïtien, désormais principale porte d’entrée touristique d’Haïti à la suite de la suspension des vols vers Port-au-Prince, traverse une grave crise environnementale. Déchets entassés, eaux stagnantes, infrastructures dégradées : la deuxième ville du pays ploie sous le poids d’une insalubrité chronique, en dépit de sa visibilité nationale accrue.
Depuis plusieurs semaines, la ville reçoit un afflux constant de visiteurs, de diplomates et de hauts représentants de l’État. Les Conseillers-Présidents Emmanuel Vertilaire et Fritz Alphonse Jean, ainsi que Smith Augustin, Régine Abraham et plusieurs ministres originaires du Nord — John Herrick Dessources (Tourisme), Antoine Augustin (Éducation), Vernet Joseph (Agriculture), Herwill Gaspard (Affaires humanitaires), J.E. Kathia Verdier (Haïtiens vivant à l’étranger), Bendgy Tilias (Secrétaire d’État à la Communication) et Jean Garry Denis (directeur général du MCC) — ont tous vanté l’importance stratégique du Cap dans le contexte actuel.
Mais leur présence régulière contraste avec l’inaction manifeste face à la dégradation de la ville. Les rues et canaux débordent de détritus, le système de collecte des déchets est inefficace, et aucun plan de drainage fonctionnel ne semble à l’œuvre. À chaque averse, des quartiers comme Vertières, Zo Vincent ou Blue Hills sont inondés. Les sections communales de Petite-Anse et Haut-du-Cap ne sont pas épargnées, victimes d’une urbanisation chaotique et mal encadrée.
« Le Cap est censé représenter le pays, mais nous vivons dans la boue et les ordures », déplore une habitante du centre-ville. Les citoyens appellent à une intervention urgente et coordonnée des autorités locales et nationales.
Le gouvernement affirme avoir engagé un plan de redressement axé sur la réhabilitation des systèmes de drainage et le renforcement des services de gestion des déchets. Mais sur le terrain, les actions concrètes tardent à se faire sentir.
Ancienne capitale du Royaume du Nord et berceau de l’histoire haïtienne, Cap-Haïtien ne peut se permettre de sombrer dans l’abandon. Si rien n’est fait rapidement, c’est le potentiel touristique, économique et symbolique de la ville qui risque d’être irrémédiablement compromis.


