Alfred Métellus sur une pente glissante après les propos de Louis Gérald Gilles

Entre ambitions internes et ligne rouge de la communauté internationale.

La déclaration récente du conseiller présidentiel Louis Gérald Gilles évoquant la possible nomination du ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Métellus, comme Premier ministre a.i. a provoqué une onde de choc dans les cercles politiques et diplomatiques. Si aucune décision officielle n’a été annoncée, ces propos suffisent à placer le titulaire des Finances dans une zone de turbulences politiques particulièrement délicate.

En effet, cette sortie publique intervient dans un contexte où la communauté internationale affiche une position sans équivoque : aucune tentative de remplacement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ne sera tolérée en dehors des mécanismes consensuels prévus dans le cadre de la transition. Des partenaires clés d’Haïti ont déjà, à plusieurs reprises, mis en garde contre toute manœuvre susceptible d’aggraver l’instabilité institutionnelle du pays.

Pour Alfred Métellus, réputé jusqu’ici pour un profil technocratique relativement discret, cette association — même indirecte — à un scénario de succession controversé pourrait s’avérer coûteuse. En politique haïtienne, la perception pèse souvent autant que les faits, et le simple fait d’être cité comme alternative potentielle au chef du gouvernement en place suffit à alimenter soupçons et résistances.
Du côté du Conseil présidentiel de transition (CPT), les lignes semblent loin d’être unifiées. La déclaration de Louis Gérald Gilles met en lumière des divergences internes persistantes, révélatrices des luttes d’influence autour du contrôle de l’exécutif. Toutefois, aucun autre conseiller n’a, jusqu’ici, confirmé ou endossé publiquement cette hypothèse, laissant planer le doute sur son caractère officiel ou isolé.

Dans ce climat tendu, le maintien d’Alix Didier Fils-Aimé à la Primature apparaît comme un point de stabilité relatif aux yeux de la communauté internationale, déjà préoccupée par la dégradation sécuritaire et la lenteur du processus de transition. Toute remise en cause brutale de cet équilibre fragile pourrait entraîner des conséquences diplomatiques et financières non négligeables pour l’État haïtien.

En définitive, Alfred Métellus se retrouve, volontairement ou non, au cœur d’une controverse qui dépasse sa personne. S’il ne clarifie pas rapidement sa position, le ministre des Finances risque de voir son image se détériorer, pris entre des ambitions politiques internes et la vigilance accrue des partenaires internationaux. Dans la phase actuelle de la transition, le moindre faux pas peut rapidement se transformer en faute politique majeure.

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