Haïti : le climat d’intimidation s’intensifie, le journaliste Ronald Desormes ciblé par des menaces de gangs

Le climat de violence continue de peser lourdement sur les médias haïtiens. Ronald Desormes, présentateur du journal Premye Okazyon sur Radio Télévision Caraïbes (RTVC), se retrouve au cœur d’une série de menaces explicites émanant du groupe armé “Viv Ansanm”. Cette situation souligne une fois de plus la vulnérabilité des professionnels de l’information face à la montée de l’insécurité dans le pays.

Les menaces ont été relayées à travers une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, dans laquelle Jimmy Chérizier, alias “Barbecue”, figure emblématique de la coalition criminelle, affirme offrir une prime de 50 000 dollars américains à quiconque s’en prendrait au journaliste. La diffusion de cette vidéo a provoqué une vive émotion dans la communauté médiatique haïtienne, qui dénonce un climat d’intimidation croissant et demande des mesures concrètes pour protéger les journalistes.

Cette affaire survient dans un contexte déjà tendu pour les médias. Les agressions, les enlèvements et les intimidations contre les journalistes sont devenus fréquents dans plusieurs quartiers de Port‑au‑Prince et dans d’autres régions du pays. Les syndicats et associations de presse rappellent que ces attaques compromettent non seulement la sécurité des professionnels, mais aussi le droit du public à une information libre et indépendante.

La Constitution haïtienne de 1987 consacre la liberté de la presse et garantit aux journalistes l’exercice de leur profession sans censure ni autorisation préalable, sauf en temps de guerre. Pourtant, la réalité quotidienne montre que cette protection reste largement théorique. Les pressions exercées par les groupes armés et l’insécurité généralisée mettent en péril la liberté d’expression et la capacité des journalistes à travailler sereinement.

Cette situation relance le débat sur la responsabilité des pouvoirs publics dans la protection des médias et sur l’impunité dont bénéficient souvent les auteurs de menaces ou de violences contre les journalistes. Chaque nouvelle menace rappelle que la liberté de la presse en Haïti demeure fragile et que la sécurité des journalistes est un enjeu crucial pour le fonctionnement démocratique du pays.

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