Le couperet est tombé. Ce 2 mai 2025, les États-Unis ont officiellement inscrit le gang haïtien « Viv Ansanm » sur leur liste des organisations terroristes. Un signal fort envoyé par l’administration américaine à ceux qui, depuis 2023, sèment la terreur à Port-au-Prince sous les noms de G9, G-PEP ou Fòs Revolisyonè. Désormais, tout lien avec ce groupe expose à des sanctions sévères, et ses avoirs sont gelés sur le territoire américain.
Mais la vraie question est ailleurs : cette désignation changera-t-elle quelque chose sur le terrain ?
Le symbole est puissant. Washington reconnaît que ce gang n’est pas qu’une bande armée locale, mais bien un réseau criminel transnational, structuré, violent, et doté de connexions tentaculaires. Ce geste envoie aussi un message clair à ceux qui, dans l’ombre, les soutiennent ou en profitent : vous êtes désormais dans le viseur.
Mais un symbole, aussi fort soit-il, ne suffit pas.
À Port-au-Prince, les habitants vivent sous le joug de ces groupes. Enlèvements, extorsions, violences sexuelles sont leur quotidien. Tant que l’État haïtien n’aura pas les moyens (ou la volonté) de reprendre le contrôle des territoires occupés, cette désignation risque de n’être qu’un coup d’épée dans l’eau.
Oui, la communauté internationale se mobilise. Oui, la CARICOM et Washington annoncent leur volonté de stabiliser Haïti. Mais aucune mission étrangère ne pourra reconstruire un État qui ne tient plus debout, ni garantir la sécurité sans une refondation profonde des institutions haïtiennes.
Ce geste des États-Unis est une opportunité. À Haïti maintenant de la saisir.
Sinon, la désignation de Viv Ansanm comme groupe terroriste ne changera rien pour ceux qui, chaque jour, vivent avec la peur.


