Dans une note d’alerte publiée ce 30 novembre, le Collectif des Professionnels de la Presse (CPP) a dénoncé l’augmentation des menaces, agressions et actes d’intimidation perpétrés par des groupes armés contre des journalistes, une situation qui fragilise davantage le droit à l’information et la liberté d’expression dans le pays.
Le CPP a particulièrement condamné les menaces proférées contre le journaliste et présentateur Ronald Desormes, animateur du journal Premye Okazyon sur Radio Caraïbes FM. Une vidéo circulant massivement sur les réseaux sociaux montre Jimmy Chérizier, surnommé Barbecue, chef de gang influent, lançant des menaces directes à son encontre. Cette prise de parole publique, selon le collectif, met non seulement en danger la vie du journaliste, mais envoie aussi un message d’intimidation à toute la corporation médiatique haïtienne.
Au-delà d’un cas individuel, le CPP a souligné la portée symbolique de cette attaque. « S’attaquer à un journaliste, c’est s’attaquer au droit du peuple d’être informé », a rappelé l’organisation, qui considère la presse comme une composante vitale de la démocratie. Par leur rôle de veille, d’analyse et de diffusion d’informations, les journalistes se retrouvent aujourd’hui exposés à une violence qui dépasse le cadre du simple exercice professionnel.
Face à cette situation, le collectif a lancé un appel pressant aux plus hautes instances de l’État — la Présidence, le Gouvernement, le Ministère de la Justice et de la Sécurité publique, ainsi que la Direction générale de la Police nationale d’Haïti (PNH) — pour l’adoption de mesures concrètes visant à sécuriser les professionnels des médias. Le CPP a insisté sur l’obligation constitutionnelle et morale de l’État haïtien de protéger ceux qui travaillent au service de l’information publique, dans un pays où informer peut désormais coûter la vie.
Le CPP a également appelé à la mobilisation de la société civile, des organisations de droits humains et de la communauté internationale, afin qu’elles continuent d’accompagner et de défendre un secteur médiatique de plus en plus menacé. Malgré les obstacles, l’organisation réaffirme son engagement dans la lutte pour la protection des journalistes et la préservation de l’espace médiatique, indispensable au fonctionnement d’une société démocratique.


