Haïti : Trois mois de violences extrêmes font plus de 1 200 morts, selon l’ONU

Le dernier rapport trimestriel du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) dresse un tableau sombre de la situation sécuritaire dans le pays. Entre juillet et septembre 2025, 1 247 personnes ont été tuées et plus de 700 blessées, dans un contexte où les gangs armés continuent d’imposer leur loi et de défier l’État.

Dans la capitale comme dans les provinces, les attaques se sont multipliées. Des quartiers naguère repris par les forces de sécurité — dont Delmas 19, Route de l’Aéroport et Turgeau — ont de nouveau été ciblés par des incursions violentes. Les gangs se sont également étendus vers des zones périphériques comme Kenscoff, Cabaret, Arcahaie, ainsi que dans les départements de l’Artibonite et du Centre, où des massacres ont été enregistrés, notamment celui de Labodrie, qui a fait 42 morts.

Le rapport souligne également la montée inquiétante des violences commises par des groupes d’autodéfense. Au moins 150 personnes ont été tuées dans le cadre du mouvement « Bwa Kalé », souvent en dehors de toute procédure légale et sur la base de simples soupçons. Ces groupes, perçus par une partie de la population comme un moyen de se protéger, sont aussi responsables de lynchages, d’exécutions sommaires et parfois d’actes d’extorsion.

Parallèlement, les opérations menées par les forces de sécurité ont causé de nombreuses victimes collatérales. Au moins 700 personnes ont perdu la vie lors d’interventions policières ou de frappes de drones explosifs, dont un nombre significatif de civils atteints par balles perdues. Le BINUH documente aussi 64 exécutions sommaires impliquant des policiers, un phénomène qui alimente la méfiance envers les institutions chargées de protéger la population.

Les conséquences humanitaires sont dramatiques : plus de 1,4 million de personnes déplacées internes, plus de 1 600 écoles fermées, un accès limité aux soins et des milliers de familles contraintes de fuir leur domicile. Dans ses recommandations, le BINUH appelle à un renforcement urgent des forces de sécurité, à une meilleure protection des civils et à un soutien international accru pour enrayer un cycle de violence qui semble loin de faiblir.

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