Laurent Saint-Cyr exige des audits financiers au FNE, à l’APN et à l’AGD

Le retour de Laurent Saint-Cyr à Port-au-Prince, après la 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies, a été marqué par une annonce d’audits financiers au Fonds national de l’éducation (FNE), à l’Autorité portuaire nationale (APN) et à l’Administration générale des douanes (AGD).

Ces trois institutions ne sont pas anodines. Elles représentent les artères vitales, mais aussi les points de fragilité chronique, de l’État haïtien.

Le FNE, censé incarner l’avenir à travers l’éducation, est régulièrement évoqué dans des rumeurs de détournement qui sapent la confiance des citoyens et des partenaires internationaux.

L’APN et l’AGD, garantes des frontières économiques et principales sources de revenus de l’État, sont historiquement des nids de prédilection pour la corruption, la contrebande et les arrangements opaques qui privent la nation de ressources essentielles.

En ciblant ces trois piliers, Laurent Saint-Cyr envoie un signal fort. Il semble avoir compris que sans un assainissement des finances publiques, toute tentative de stabilisation politique ou de relance économique est vouée à l’échec.

Cette initiative est d’autant plus pertinente qu’elle intervient dans un climat de défiance aiguë envers les institutions existantes de contrôle.

L’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) est aujourd’hui largement perçue comme un instrument partial, appliquant des standards différents selon les dossiers et les protecteurs politiques des personnes visées.

Dans ce contexte, commander des audits indépendants et transparents est la seule manière de couper court aux spéculations et de restaurer un minimum de confiance.

Cependant, l’annonce n’est que la première étape d’un parcours semé d’embûches.

Le plus grand défi ne réside pas dans la décision, mais dans son exécution.

Ces audits seront-ils menés avec une réelle indépendance, à l’abri des pressions politiques et des réseaux d’influence ? Leurs résultats seront-ils rendus publics intégralement, sans censure ni tentative d’étouffement ? Et surtout, des conclusions, quelles qu’elles soient, donneront-elles lieu à des actions concrètes : sanctions, poursuites judiciaires et récupération des fonds détournés ?

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