Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé son mécontentement face à l’insuffisance des contributions financières pour la mission multinationale menée par le Kenya en Haïti, visant à soutenir la police haïtienne débordée par la violence des gangs. Alors que le pays fait face à une crise sécuritaire profonde, la communauté internationale tarde à répondre de manière adéquate, selon le patron de l’ONU.
La Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) en Haïti, initiée il y a un an, a jusqu’à présent récolté seulement 68 millions de dollars, bien loin des montants nécessaires pour financer efficacement la force sur le terrain. Parmi les contributeurs, le Canada a versé 45 millions de dollars, suivi des États-Unis avec 15 millions, la France et l’Espagne ont apporté 3 millions de dollars chacun, tandis que l’Italie et la Turquie ont donné respectivement 360 000 et 50 000 dollars.
Dans un entretien exclusif à l’AFP, Antonio Guterres n’a pas caché sa frustration face à la lenteur des réponses internationales.
« Quand il y a une guerre, on trouve toujours de l’argent. Quand il y a une crise financière et que des banques doivent être sauvées, on trouve toujours de l’argent. Quand un peuple souffre dans une situation si désespérée, et qu’on a besoin que d’une somme relativement faible d’argent pour mettre en place une petite force en Haïti, il est totalement inacceptable que cet argent ne soit pas disponible », a-t-il déclaré.
Cette déclaration reflète la position de Guterres face à l’incohérence de la communauté internationale, qui parvient à mobiliser rapidement des fonds pour d’autres crises, mais tarde à répondre à la situation haïtienne.
Le mandat de la MMAS doit être renouvelé d’ici la fin du mois, et plusieurs pays, dont les États-Unis, pressent pour que la mission soit transformée en une opération de maintien de la paix sous l’égide de l’ONU. Ils estiment que cette démarche garantirait un financement pérenne et stable pour la mission. En attendant, l’insécurité continue de régner en Haïti, où la population souffre d’une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent.
La réaction internationale à cette crise sera déterminante pour l’avenir du pays. Haïti, plus que jamais, a besoin d’une aide internationale robuste pour restaurer la sécurité et permettre à sa population de retrouver une vie normale.


