Macron reconnaît, mais n’indemnise pas : une “commission” face à deux siècles de pillage

200 ans après que la France ait extorqué une rançon à Haïti pour reconnaître son indépendance, Emmanuel Macron a publié ce jeudi 17 avril un communiqué officiel. Une annonce qualifiée de “pas historique” par certains, mais jugée largement insuffisante par d’autres.

Le chef de l’État français reconnaît enfin la violence morale et économique de l’ordonnance de 1825, qui, en imposant une rançon à la première république noire, a lourdement entravé son développement.

« Cette décision plaçait alors un prix sur la liberté d’une jeune Nation », déclare Macron, évoquant « la force injuste de l’Histoire ».

Mais au lieu d’annoncer des réparations financières concrètes, le président français propose… la création d’une commission mixte franco-haïtienne. Cette instance composée d’historiens aura pour mission d’« explorer deux siècles d’histoire » et de « proposer des recommandations ».

Une réponse jugée bien en dessous des attentes par de nombreux Haïtiens et militants pour la justice historique.

La vérité est connue : Haïti a payé à la France, selon le New York Times, l’équivalent de 560 millions de dollars, un montant qui, réinvesti dans le pays, aurait pu générer jusqu’à 21 milliards de dollars.

« Une commission ? On n’a pas besoin de plus de recherches. Ce qu’il faut maintenant, c’est une restitution. Ce que la France a pris, elle doit le rendre. »

Même si la déclaration présidentielle marque une rupture symbolique, elle n’engage aucune mesure concrète de réparation, encore moins de remboursement. Paris assume le passé… sans s’engager à le réparer.

Dans le fond, beaucoup y voient une manœuvre pour gagner du temps, éviter les tribunaux et surtout éviter un précédent diplomatique mondial : si la France restitue à Haïti, combien d’autres nations esclavagistes ou colonisatrices devront alors répondre de leurs crimes économiques ?

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