Les images sont choquantes, mais tristement banales désormais : des hommes armés, en plein jour, démolissent jusqu’à la dernière pierre le commissariat de Mirebalais. Après avoir pillé, brûlé et humilié les forces de l’ordre, les gangs ont achevé le travail : ils effacent les symboles de l’autorité, un à un, méthodiquement, sous l’œil passif de l’État.
Ce n’est pas un simple bâtiment qui tombe, c’est un pan entier de souveraineté nationale qui s’effondre. Et ce n’est pas une première : une semaine plus tôt, celui de Saut-d’Eau subissait le même sort. Plus d’une dizaine de commissariats ont déjà été réduits en poussière. Aucun plan de contre-attaque. Aucun sursaut d’honneur. Juste le silence, encore.
Pendant que les criminels se montrent, armés et déterminés, les autorités, elles, disparaissent dans un mutisme coupable. Haïti, laissée à elle-même, avance les yeux grands ouverts vers l’abîme.


