Ce 25 mai, le calendrier nous rappelle qu’on célèbre les mères. Traditionnellement, c’est un jour de bouquets, de messages tendres, de gestes d’amour. Mais en Haïti, que signifie vraiment cette fête pour des milliers de femmes qui vivent chaque jour dans l’angoisse, le deuil ou le déplacement forcé ?
Et si, au lieu de simples mots, on leur offrait enfin ce qu’elles attendent depuis trop longtemps ? Pas des fleurs éphémères, mais un vrai changement. Le genre de miracle qu’elles murmurent dans leurs prières, la sécurité. Pouvoir sortir sans crainte. Envoyer leurs enfants à l’école sans cette peur qui tord le ventre. Avoir le droit, tout simplement, de vivre.
Et pourquoi ne pas rêver plus grand encore ? Leur offrir aussi la justice. Une justice réelle, concrète, qui écoute, qui agit. Une justice qui ne laisse plus les assassins et les violeurs en liberté, pendant que les mères pleurent, impuissantes, les visages qu’elles ne reverront plus.
Et si, au fond, le plus beau cadeau qu’on pouvait leur faire, c’était cela, la vie de leurs enfants. Pas des souvenirs figés dans des cadres. Pas des noms gravés sur des croix. Mais des enfants vivants, qui rient, qui jouent, qui rêvent.
Car qu’espère une mère, sinon que ses enfants vivent, libres et en sécurité ?
En ce jour symbolique, pensons à celles qui, malgré les larmes et la peur, continuent d’aimer, de soigner, de protéger. À celles qui tiennent debout dans un pays qui chancelle. Ce qu’elles méritent aujourd’hui, ce n’est pas seulement notre compassion, mais notre engagement. Celui de bâtir une Haïti où donner la vie ne soit plus un acte de foi en l’impossible, mais une promesse d’avenir.


