Les flammes consument Haïti, et avec elles, l’espoir d’un retour à la normalité. Les gangs avancent, la terreur s’étend, et l’État, lui, recule. Pourtant, il fut un temps – pas si lointain – où des opérations avaient été enclenchées, où des arrestations avaient été annoncées, où l’on croyait encore qu’une riposte était possible. Aujourd’hui, tout s’est figé. Plus un mot, plus une action, seulement le silence face au chaos.
Rameau Normil, qu’est-il arrivé ? Vous avez initié des actions pour tenter de démanteler les foyers criminels qui gangrènent le pays. À plusieurs reprises, des opérations ont été lancées avec une apparente détermination, donnant l’impression que l’État reprenait enfin le contrôle. Pourtant, à chaque fois, elles ont été stoppées net, sans explication, laissant place à un retour en force des gangs.
Vous avez frappé aux bas de Delmas, puis plus rien. Vous avez lancé une offensive contre les gangs de Savyen, puis tout s’est arrêté. Vous avez mis la main sur des financiers du crime, mais les procédures ont été suspendues sans explication.
Alors, Rameau Normil, qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi ces arrêts soudains ? Qui tire les ficelles ? Qui dicte cette inaction ? Qui empêche la police d’aller jusqu’au bout ? Qui sabote ces opérations en coulisses ? Est-ce un manque de moyens, un déficit de volonté, ou une pression venue d’en haut ?
Pendant ce temps, le peuple paie le prix fort. Chaque jour, des familles sont endeuillées, des maisons incendiées, des quartiers entiers vidés de leurs habitants. Le commerce est à l’agonie, l’économie suffoque, et la population vit dans une peur constante. Cette situation ne peut pas être une fatalité. Si ceux qui sont censés protéger Haïti baissent les bras, qu’ils aient au moins le courage de le dire.
Nous sommes en droit d’exiger des réponses. Laisser le pays sombrer dans l’indifférence n’est pas une option. Rameau Normil, si vous êtes empêché d’agir, dites-le. Si vous êtes sous pression, révélez-le. Mais ne laissez pas le silence couvrir les cris des victimes. L’Histoire n’oubliera pas, et les responsabilités devront être assumées.
Haïti brûle, et il n’y a plus de place pour les lâchetés et les compromissions.


