Leslie Voltaire a-t-il compris la leçon de Donald Trump ?

Les bruits insistants faisant état d’une tentative de prise de contrôle interne du CPT ne peuvent plus être balayés d’un revers de main.

Dès lors qu’il s’agit d’une instance chargée de conduire une transition politique déjà précaire, la moindre manœuvre opaque prend une dimension dangereuse.

Le fait que six membres soutiendraient déjà Leslie Voltaire, présenté comme proche de Gustavo Petro et de Nicolás Maduro, alimente une crainte fondée : celle de voir un groupe s’approprier le pouvoir, repousser l’échéance du 7 février et orienter le processus électoral en fonction de ses propres intérêts.

Dans un pays à bout de souffle, miné par l’insécurité, la violence et la méfiance généralisée, une transition sans échéance claire nourrit les soupçons, affaiblit davantage des institutions déjà fragiles et crée un terrain favorable aux groupes armés qui prospèrent sur le vide politique.

C’est dans ce climat que la mise en garde de Donald Trump — « ce qui est arrivé à Maduro peut arriver à d’autres » — résonne comme un avertissement sans détour.

Pour Washington, toute dérive autoritaire, toute connivence présumée avec des réseaux de narcotrafic ou avec des puissances perçues comme hostiles constitue une ligne rouge à ne pas franchir.

Les conséquences iraient bien au-delà des mots : sanctions, isolement diplomatique, pressions économiques, voire sécuritaires.

Haïti n’a ni la capacité ni l’intérêt de s’engager dans une confrontation avec les États-Unis. Elle n’a pas davantage besoin d’une transition prolongée indéfiniment au gré d’ambitions personnelles.

Dans un contexte international de plus en plus dur, où les zones d’ambiguïté sont de moins en moins tolérées, la seule issue responsable passe par un processus électoral crédible, au service de l’intérêt national, et non de calculs de clan.

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