Ce vendredi, la Direction Générale de la Migration (DGM) a mené une nouvelle opération sur l’avenue Duarte, à Saint-Domingue, qui soulève de vives critiques en raison de son caractère ouvertement discriminatoire. Officiellement présentée comme une vérification de routine du statut migratoire des étrangers, l’opération s’est en réalité transformée en une chasse ciblée aux ressortissants haïtiens.
Selon de nombreux témoins, les agents de la Direction Générale de la Migration ont investi les commerces de la zone — principalement des magasins d’origine chinoise et des entrepôts — en interrogeant uniquement les travailleurs ayant des traits physiques associés à l’origine haïtienne. D’autres étrangers présents dans les mêmes lieux, notamment d’origine asiatique ou sud-américaine, n’ont fait l’objet d’aucune vérification. Cette sélection ethnique apparente a choqué plusieurs passants et commerçants, qui dénoncent une pratique arbitraire et xénophobe.
Les personnes d’origine haïtienne qui n’ont pas pu présenter de documents légaux ont été brutalement interpellées, escortées par les agents, puis entassées dans des unités mobiles de détention, sans explication claire ni garantie de procédure équitable.
Des organisations de défense des droits humains haïtiens et dominicains condamnent fermement cette opération, qu’elles qualifient de “rafle raciale”, contraire aux principes de justice, d’égalité et aux engagements internationaux de la République dominicaine.
La persistance de telles pratiques soulève une question brûlante : dans un pays où plusieurs communautés étrangères vivent et travaillent, pourquoi seules les personnes d’origine haïtienne sont-elles systématiquement ciblées et humiliées publiquement par les autorités migratoires ?


