Le départ discrètement annoncé d’Alfred Métellus du ministère des Finances marque la fin chaotique de son mandat, essentiellement due à la violation flagrante du principe de solidarité gouvernementale.
Nommé en novembre 2024 pour redresser les finances publiques, le technocrate a rapidement trahi la confiance du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé en agissant en solo, multipliant les prises de position et initiatives non coordonnées avec la ligne officielle.
Ses méthodes, consistant à court-circuiter la coordination interministérielle et à communiquer publiquement en marge du gouvernement, ont créé un climat de défiance insoutenable au sein de l’exécutif.
Cette déloyauté a rendu sa position intenable, conduisant à un départ forcé « par la petite porte » acté lors d’un conseil des ministres tendu.
La crise interne a été exacerbée par les sanctions américaines l’accusant d’entretenir des liens avec des groupes armés, minant davantage sa légitimité et le transformant en fardeau politique.
Pour les observateurs, comme la politologue Évelyne Saint-Louis, cette affaire révèle les dérives individualistes d’une culture politique haïtienne à dépasser.
En pleine crise multidimensionnelle, ce départ sonne comme un avertissement sévère sur la nécessité absolue de cohésion et de loyauté au sommet de l’État.
Le gouvernement doit maintenant en tirer les leçons pour restaurer sa crédibilité, tandis que le prochain ministre des Finances hérite d’une mission herculéenne, avec une exigence accrue de transparence et de solidarité.


