Après l’arrestation de Nicolás Maduro par les forces américaines, la Cour suprême du Venezuela a confié, samedi 3 janvier, l’intérim du pouvoir à la vice-présidente Delcy Rodríguez. Depuis Caracas, elle a réaffirmé que Maduro reste « l’unique président » et que le gouvernement est prêt « à défendre le Venezuela », contredisant les déclarations de Washington sur une prétendue direction américaine de la transition.
Surnommée la « tigresse » pour sa pugnacité, Delcy Rodríguez, 56 ans, est l’une des figures les plus influentes du chavisme. Avocate diplômée de l’Université centrale du Venezuela, fille du guérillero Jorge Antonio Rodríguez, elle a occupé plusieurs postes stratégiques : ministre de la Communication et de l’Information (2013‑2014), ministre des Affaires étrangères (2014‑2017), présidente de l’Assemblée constituante pro-gouvernementale (2017) et vice-présidente depuis 2018.
Depuis août 2024, elle dirige également les ministères du Pétrole et des Finances, gérant l’escalade des sanctions américaines contre l’industrie pétrolière vénézuélienne, la plus importante du pays. Collaborant étroitement avec son frère Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale, elle exerce une influence considérable sur l’ensemble de l’appareil gouvernemental, y compris le ministère de la Défense.
Malgré son rôle central, Delcy Rodríguez reste sous sanctions internationales pour atteinte à la démocratie et soupçons de corruption, mais continue de représenter la continuité et la résilience du régime chaviste dans un contexte politique extrêmement tendu.


