Le chef du gang haïtien 400 Mawozo, Germine Joly, alias « Yonyon », a été condamné mercredi à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle par un tribunal fédéral du district de Columbia, aux États-Unis. Il a été reconnu coupable d’avoir dirigé l’enlèvement de 17 missionnaires de l’organisation Christian Aid Ministries, dont 16 Américains et un bébé de huit mois.
Selon les autorités américaines, les otages, parmi lesquels figurait également un ressortissant canadien, avaient été retenus pendant 62 jours sous la menace d’armes à feu. Leur libération avait été obtenue contre une rançon de 350 000 dollars, bien que l’épisode ait été présenté publiquement à l’époque comme une évasion.
Le juge John D. Bates a accompagné la sentence d’une amende de 1 700 dollars. Le magistrat a qualifié la décision de « sévère mais justifiée », évoquant un ensemble de preuves « franchement accablantes » démontrant que l’accusé continuait à diriger le gang, malgré ses dénégations. Dans les documents judiciaires, Joly avait affirmé que l’organisation criminelle était désormais dirigée par son cousin Joseph Wilson, alias « Lanmò Sanjou », figure influente de l’est de Port-au-Prince et membre de la coalition Viv Ansanm.
Le juge Bates a rejeté la demande de réduction de peine à 25 ans, mais a accepté que le condamné purge sa sentence en Floride, où vit sa mère. Le tribunal a également relevé que Joly avait récemment agressé deux détenus avec une arme blanche lors de sa détention provisoire.
Bien qu’incarcéré au moment des enlèvements, l’accusé continuait à orchestrer les activités du gang depuis sa cellule du pénitencier national grâce à des téléphones portables non surveillés. L’enquête a établi qu’il supervisait non seulement les kidnappings, mais aussi un trafic d’armes entre les États-Unis et Haïti, appuyé par des complices basés en Floride.
La procureure américaine Jeanine Pirro a salué la sentence, estimant qu’elle montre que « le stratagème de Joly pour utiliser des chrétiens comme pions s’est retourné contre lui ». Cette affaire avait placé 400 Mawozo et la situation sécuritaire en Haïti sous les projecteurs internationaux.
En parallèle, Joly avait plaidé coupable en janvier 2024 dans une affaire distincte de trafic d’armes et de blanchiment de rançons, pour laquelle il avait été condamné en juin à 35 ans de prison fédérale.


