Remaniement ou changement de gouvernement : les violons ne s’accordent pas au plus haut sommet de l’État

À Port-au-Prince, les rumeurs d’un réaménagement politique alimentent un vif débat au sommet de l’État. S’agit-il d’un simple remaniement ministériel ou d’un véritable changement de gouvernement ? Les déclarations contradictoires entre le coordonnateur du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé entretiennent la confusion et révèlent des tensions croissantes au sein de l’exécutif.

Du côté de la Primature, plusieurs sources proches du chef du gouvernement parlent d’un remaniement technique imminent. Ces ajustements viseraient, selon elles, à renforcer l’efficacité de l’équipe en place sans modifier la ligne politique définie depuis l’arrivée de Fils-Aimé à la tête du gouvernement. « Il s’agit d’optimiser la performance des ministères et de mieux répondre aux priorités fixées par le Premier ministre », confie un collaborateur.

En revanche, dans les rangs du CPT, certaines voix estiment que le gouvernement actuel a atteint ses limites. Ces conseillers plaident pour une recomposition plus profonde, considérée comme indispensable pour redonner de la crédibilité à l’action publique. Selon eux, la population attend des signes forts de renouveau et non de simples ajustements administratifs. « Le pays ne peut pas se contenter de bricolages à la marge alors que la crise s’enlise », déclare une source proche du Conseil présidentiel.

En toile de fond, des discussions intenses sont en cours entre la Présidence et la Primature afin de définir l’ampleur des changements à venir. Plusieurs partenaires internationaux, notamment les États-Unis et la CARICOM, exercent des pressions diplomatiques pour obtenir un exécutif plus cohérent et plus efficace face aux urgences du moment. Washington, selon plusieurs observateurs, souhaite voir émerger une équipe resserrée capable de stabiliser la situation avant la tenue des prochaines élections.

Pendant ce temps, la population haïtienne demeure préoccupée par les défis quotidiens : inquiétudes sécuritaires persistantes, hausse du coût de la vie, faiblesse des services publics, et prise en charge des ressortissants haïtiens en situation irrégulière à l’étranger.

Dans ce contexte tendu, les divisions internes entre le CPT et la Primature donnent l’image d’un pouvoir hésitant, tiraillé entre prudence politique et nécessité de changement. Reste à savoir si les tractations en cours aboutiront à un simple réajustement ministériel ou à une véritable recomposition gouvernementale.

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