Dans un élan de solidarité et de mobilisation, plus de 200 organisations de femmes et féministes à travers le pays expriment leur plein soutien à la nomination de Madame Marjory Michel, ancienne ministre, au Conseil Présidentiel de Transition (CPT), en remplacement de Louis Gérald Gilles, accusé de corruption. Ce soutien, formulé par les signataires de l’Accord du 21 décembre, marque un moment crucial dans la lutte pour l’inclusion, la parité et l’égalité des sexes en Haïti.
Une sous-représentation préoccupante des femmes
Les organisations signataires saluent la nomination de Madame Marjory Michel, mais soulignent avec inquiétude la faible représentation des femmes au sein du CPT. Actuellement, parmi les neuf membres de cette instance décisionnelle, une seule femme y siège, et celle-ci ne dispose pas du droit de vote. Cette situation est perçue comme une violation des engagements constitutionnels et internationaux d’Haïti, qui stipulent un quota de 30 % de femmes dans les instances de décision. La présence d’une seule femme sans droit de vote constitue non seulement une anomalie regrettable mais aussi un recul majeur dans les avancées vers une gouvernance inclusive et paritaire.
L’importance d’une gouvernance inclusive
Les organisations de femmes rappellent que la participation active des femmes dans les instances de pouvoir est essentielle pour garantir des prises de décisions inclusives et représentatives de toute la société haïtienne. Avec plus de la moitié de la population composée de femmes, leur exclusion des espaces de décision perpétue les inégalités de genre et prive le pays de perspectives essentielles. La constitution amendée d’Haïti, ainsi que les conventions internationales ratifiées, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), exigent une égalité de représentation entre hommes et femmes dans les instances décisionnelles.
Un soutien massif à Madame Marjory Michel
Le soutien unanime à la nomination de Madame Marjory Michel témoigne de l’importance, pour ces organisations, de la parité et de l’inclusion des femmes dans les hautes sphères de gouvernance. Elles insistent sur le fait que la nomination de Michel est indispensable pour restaurer la crédibilité des institutions haïtiennes et respecter les engagements nationaux et internationaux en matière de droits humains et d’égalité de genre. Il ne s’agit pas seulement d’une question de représentativité symbolique, mais d’une nécessité pour garantir des décisions bénéfiques à toutes les couches de la population.
Les femmes, actrices clés du développement et de la paix
L’histoire a prouvé que les femmes, lorsqu’elles sont intégrées de manière juste et équitable dans les instances de pouvoir, apportent des contributions cruciales à la gouvernance, à la paix et au développement du pays. L’inclusion des femmes est un facteur déterminant pour assurer une gouvernance véritablement démocratique et prospère. Par leur engagement, les organisations de femmes réaffirment que leur participation est un impératif non seulement moral, mais aussi stratégique pour l’avenir du pays.
Un appel à la mobilisation
Les signataires appellent tous les secteurs de la société à se joindre à cette lutte pour l’inclusion des femmes et la parité dans les prises de décisions. La nomination de Madame Marjory Michel au CPT est un pas important, mais il est impératif que cette nomination soit confirmée et suivie d’une révision des instances décisionnelles pour garantir une meilleure représentation des femmes. En marchant unis pour une société plus juste et égalitaire, Haïti peut se hisser à la hauteur de ses engagements nationaux et internationaux en matière de droits humains et d’égalité de genre.
En conclusion, ce soutien indéfectible à la nomination de Madame Marjory Michel est un appel à l’action pour une gouvernance plus inclusive, respectueuse des droits et représentative de toute la société haïtienne.


