Anie Alerte, celle qui a su offrir à Anthony Drew ce que Rutchelle, Blondedy, Vanessa et même Bedjine à Kadilac n’ont pas pu donner.

La stratégie d’Anthony Drew est plutôt claire : conquérir sa part du marché musical haïtien.

Et pour la mettre en œuvre, qui mieux que des femmes issues de cette terre réputée pour son hospitalité ? C’est décidé : le fer de lance de son plan sera constitué des femmes influentes d’Haïti.

Avec Rutchelle Guillaume

Convaincu que le marché haïtien est d’une importance capitale pour lui en tant qu’artiste antillais, il frappe à la porte de Rutchelle Guillaume, suivie par plus de 600 000 abonnés sur YouTube, pour une collaboration. De cette union est né « Doudou An Mwen », un morceau très apprécié du public haïtien. Les fans de Rutchelle ont lancé des sketchs et des challenges autour de la chanson sur les réseaux sociaux. Avec plus de 20 millions de vues en six ans sur YouTube, ce fut un vrai succès ! Une belle entrée en matière pour Anthony Drew.

Mais malgré ce succès, le titre n’a pas permis à Anthony Drew d’atteindre l’un de ses objectifs : accroître sa présence scénique au sein de la communauté ciblée. Pendant ce temps, Rutchelle multipliait les prestations. Bien que la chanson ait suivi son petit bonhomme de chemin, elle ne s’est pas révélée rentable au regard de l’objectif fixé, selon ce qu’Anthony Drew a confié dans les studios de Guy Wewe Radio.

Les carottes n’étaient donc pas tout à fait cuites. Même sans la version de Rutchelle, on peut affirmer que cette collaboration s’est terminée en queue de poisson.

Résultat différent, stratégie adaptée

Sachant que n’est pas vraiment influent celui qui n’est pas en mesure de faire bouger les chiffres ou la popularité d’un tiers, Anthony jette alors son dévolu sur Blondedy Ferdinand, l’une des influenceuses les plus connues de la communauté haïtienne.

Actrice populaire, elle est capable de rassembler des milliers de personnes en direct sur les réseaux sociaux. Il n’y avait pas mieux pour se faire connaître rapidement dans des conditions optimales.

Malheureusement, ce volet influenceuse-chanteur de sa stratégie n’a pas eu les effets escomptés. Non seulement les affiches n’ont pas reflété la popularité de l’actrice, mais Anthony Drew n’aurait pas été traité avec respect par le staff de Blondedy Ferdinand. Résultat : l’image d’Haïti en a pris un coup auprès de la communauté du chanteur Guadeloupéen.

Avec Vanessa Désiré

Pendant ce temps, Anthony Drew gagnait en popularité auprès des mélomanes haïtiens d’ici et d’ailleurs. Il en a profité pour collaborer avec Vanessa Désiré sur un morceau qui a très bien marché : « Se Ou Li Ye », atteignant plus de 9 millions de vues en quatre mois. Le titre est largement diffusé sur les ondes et dans les discothèques d’Haïti. Il est sur toutes les lèvres des fêtards.

Cependant, peu d’affiches mettent en avant le visage de Vanessa Désiré et celui d’Anthony Drew. Une belle réussite musicale, certes, mais sans véritable consolidation.

Anie Alerte : la complicité enfin trouvée

Il aura fallu attendre Anie Alerte, native du Nord d’Haïti, pour qu’Anthony trouve enfin ce qu’il cherchait chez les autres : une complicité authentique, une alchimie artistique et humaine.

En très peu de temps, elle lui a offert ce que tout artiste rêve de trouver : donner un sens réel aux paroles et une forme concrète aux idées.

Lors d’une tournée dans la ville des Cayes, Anthony Drew a lâché une phrase qui a fait sensation : « Okay pi pwòp pase Okap ! » Cette comparaison entre les deux villes, à propos de la propreté et de la gestion de l’environnement, a fait vibrer toute la République d’Haïti. Les autorités du Cap-Haïtien et les héritiers de la fierté christophienne ont aussitôt réagi en lançant une vaste opération de nettoyage. Depuis, à chaque nouvelle date annoncée, les mairies se mobilisent pour qu’Anthony Drew ne puisse plus dire : « Vil la pa pwòp ! »

Aux côtés d’Anie Alerte, l’artiste Guadeloupéen se montre plus expressif, plus libre, plus à l’aise sur scène. Il est même allé jusqu’à demander Anie Alerte en mariage sur scène !

Tellement bien traité et compris, il en a oublié qu’il n’était venu en Haïti que pour deux soirées. Il dit oui à chaque demande du staff de Zile, débordé par le succès. Au lieu de parler de la fatigue causée par les routes d’Haïti, il se rappelle du goût délicieux des konsonmen, du bannan peze et du pikliz.

Dans une interview à Guy Wewe Radio, Anthony a confié qu’il ne verrait aucun inconvénient à intégrer le groupe Zile. Le type est littéralement envoûté ! Alors que beaucoup d’artistes et de personnalités publiques fuient Haïti, lui, au contraire, se renseigne sur la manière d’y acheter une maison. L’amour, c’est beau !

En Afrique, on dit souvent que les hommes sont de grands enfants. Le charme d’Anie Alerte a opéré. Leur union a porté ses fruits, non seulement pour eux deux, mais aussi pour l’hospitalité haïtienne, la fierté capoïse et même pour la cause noble de l’environnement.

Anthony et Anie, ambassadeurs des causes environnementales pour le compte du Ministère de l’Environnement ? Ce ne serait pas immérité.

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