Les États-Unis paralysés par un « shutdown » gouvernemental

Les États-Unis sont entrés mercredi 1er octobre à minuit en période de « shutdown », provoquant le gel d’une partie de l’administration fédérale, alors qu’aucune solution n’a été trouvée à l’impasse budgétaire entre les républicains de Donald Trump et les démocrates.

Chômage technique des fonctionnaires, perturbations des services publics, aides sociales non versées… Le “shutdown” paralyse désormais l’administration fédérale. À l’origine de cette situation : le blocage au Congrès entre républicains et démocrates.

Après l’échec d’un ultime vote au Sénat mardi 29 septembre, Russell Vought, directeur du Bureau du budget à la Maison Blanche, a donné la consigne aux administrations fédérales de « mettre en application leurs plans pour une fermeture ordonnée ». Le Bureau budgétaire du Congrès estime qu’environ 750 000 fonctionnaires seront quotidiennement mis au chômage technique. Le trafic aérien pourrait être affecté, tandis que certaines aides sociales pourraient être fortement perturbées. Les parcs nationaux seront également privés des « rangers » chargés de leur entretien.

De fortes perturbations sont également attendues pour les usagers des services publics. Cette situation, très impopulaire, est inédite depuis sept ans et chaque parti se rejette la responsabilité. Pour Donald Trump, ce sont les démocrates qui « veulent tout fermer, nous ne le voulons pas », avait-il assuré mardi, avant d’adopter un ton à peine voilé de menace : « Beaucoup de bonnes choses peuvent ressortir des ‘shutdowns’, on peut se débarrasser de beaucoup de choses dont nous ne voulons pas, et ce seraient des choses démocrates. »

Le président républicain compte en effet profiter du gel de certaines administrations pour accentuer le limogeage de milliers de fonctionnaires fédéraux, déjà entamé avec la commission Doge de son ex-allié Elon Musk.

De leur côté, les démocrates dénoncent le manque de volonté de négociation. « Ce n’est pas une question d’orgueil », a affirmé Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat. Selon lui, « c’est parce que les Américains souffrent de coûts plus élevés à travers le pays, que ce soit à cause des droits de douane, des coûts de l’énergie ou des coûts alimentaires », que son camp refuse de voter le budget. Il a également dénoncé des coûts de santé qui « grimpent en flèche ».

Aux États-Unis, le dernier « shutdown » remonte au premier mandat de Donald Trump, lorsqu’il avait duré 35 jours, de décembre 2018 à janvier 2019. Selon les analystes de la compagnie d’assurance Nationwide, chaque semaine de paralysie pourrait réduire la croissance annuelle du PIB américain de 0,2 %.

Les Bourses mondiales n’ont cependant pas montré d’inquiétude à l’approche de l’échéance, le Dow Jones à Wall Street ayant même atteint un nouveau record à la clôture de mardi. À ce jour, les républicains proposent une extension du budget actuel jusqu’à fin novembre et affirment qu’aucune autre proposition n’est sur la table. Les démocrates, eux, exigent le rétablissement de centaines de milliards de dollars de dépenses de santé, notamment pour le programme d’assurance santé « Obamacare », supprimé par l’administration Trump.

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