La FJKL saisit l’ULCC après un scandale de détournement de fonds publics à l’ISPAN

La Fondasyon Je Klere (FJKL) a saisi officiellement l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) pour dénoncer un vaste scandale de malversations financières au sein de l’Institut de Sauvetage du Patrimoine National (ISPAN), placé sous la tutelle du ministère de la Culture et de la Communication. Selon la directrice exécutive de l’organisation, Marie Yolène Gilles, des sommes importantes prévues pour le projet « Aménagement, Restauration et Protection de Sites Patrimoniaux » auraient été détournées avant même le lancement effectif des travaux.

Ce projet, évalué à 675 millions de gourdes pour l’exercice 2024-2025, devait concerner la réhabilitation de sites historiques majeurs tels que Fort Jacques, Fort Alexandre, la Maison Anténor Firmin, Fort Saint-Joseph et la prison civile de Jacmel. Pourtant, une partie des fonds aurait été distribuée sous forme de cartes de débit à plusieurs responsables du ministère et de l’ISPAN. Le premier décaissement, d’un montant de 8,4 millions de gourdes, aurait bénéficié directement à sept hauts fonctionnaires, dont le ministre Patrick Delatour, le directeur général Jean Patrick Durandis et le directeur de projet Elsoit Colas.

La FJKL met en cause la légalité de cette pratique, soulignant que les responsables concernés disposent déjà de cartes de débit alimentées par l’État dans le cadre de leurs fonctions. Elle dénonce ainsi une « double allocation » injustifiée et demande à l’ULCC d’agir rapidement pour mettre un terme à ce qu’elle qualifie de « gabegie administrative ». L’organisation cite également des paiements effectués par chèques, allant de 765 000 à plus d’un million de gourdes, en faveur de plusieurs autres cadres administratifs.

Face à ces révélations, la FJKL exhorte l’ULCC à ouvrir une enquête approfondie et à appliquer les sanctions prévues par la loi. Pour l’organisation de défense des droits humains, il est urgent de mettre fin à ces « pratiques scandaleuses » qui compromettent non seulement la protection du patrimoine national, mais aussi la confiance des citoyens dans la gestion des fonds publics.

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