Haïti : Le CPT et le gouvernement s’installent dans leur confort, pendant que le pays s’effondre avec des ministres incompétents

Tandis que la misère s’étend et que l’insécurité étouffe chaque jour un peu plus la vie nationale, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) semble évoluer dans un confort presque insolent. Au lieu d’incarner le sursaut attendu, il donne l’image d’une structure satisfaite de se maintenir, alors même que son bilan reste désespérément vide.

Depuis son installation, le CPT avait promis de briser le cycle du chaos et de poser les bases d’un nouvel ordre politique et social. Pourtant, sur le terrain, les gangs continuent d’imposer leur loi, l’économie s’effondre, et les familles s’enfoncent dans une précarité insoutenable. Les actes concrets se font rares, tandis que les déclarations officielles se succèdent… sans lendemain.

Le constat est clair : de nombreux ministres semblent incapables de répondre aux besoins urgents du pays. Le ministre des Affaires étrangères, censé défendre la voix d’Haïti sur la scène internationale, se perd dans une diplomatie timorée et sans vision stratégique : aucun partenariat solide n’a été scellé, aucune initiative majeure n’a été portée pour attirer des investissements ou mobiliser l’aide internationale. 

Le ministère des Affaires sociales, pourtant au cœur de la lutte contre la pauvreté, reste figé dans l’inaction : alors que des dizaines de milliers de personnes ont été contraintes de fuir leur maison à cause des gangs armés, entassées dans des abris insalubres et sans ressources, aucune politique efficace n’a été mise en place pour leur offrir une assistance digne ou une perspective de réinstallation durable. Aucune politique efficace pour soutenir les familles vulnérables, pas de programme structuré pour créer des emplois ou protéger les plus démunis. 

Le ministre des Travaux publics, pour sa part, laisse le pays se délabrer : routes éventrées et impraticables, ponts en ruine, absence totale de plan d’entretien des infrastructures. La situation au Cap-Haïtien est symptomatique : la deuxième ville du pays, jadis joyau historique, s’est transformée en un immense dépotoir à ciel ouvert, au vu et au su de tous. 

Le ministère de la Culture n’échappe pas à ce tableau sombre : aucune valorisation du patrimoine, aucun soutien concret aux artistes, aucune vision pour redonner vie au secteur culturel. Et ce ne sont là que quelques exemples : bien d’autres ministres inutiles continuent d’occuper des postes stratégiques sans rien apporter de concret au pays.

Et pourtant, tout n’est pas irrémédiablement perdu. Même au cœur de cet échec, un souffle nouveau est possible. Un remaniement ministériel, mené avec lucidité et courage, pourrait ouvrir une brèche vers l’espoir. Placer à des postes stratégiques des femmes et des hommes compétents, crédibles et attachés à l’intérêt national pourrait redonner de la confiance au peuple et réorienter la transition vers des résultats tangibles.

La transition ne peut pas rester un simple mot pour masquer l’immobilisme. Elle doit redevenir un projet concret, avec une équipe capable de décisions fortes et rapides. Sans ce changement, le statu quo continuera de nourrir le désespoir, et Haïti restera piégée dans une spirale dont nul ne sait comment elle se terminera.

Le temps presse. Le peuple attend des actes, pas des discours. Le pays n’a pas besoin d’un pouvoir qui s’installe dans l’inaction, mais d’un leadership renouvelé, audacieux et tourné vers l’avenir.

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