Ce samedi 26 juillet 2025, la Place Boyer s’est transformée en un véritable carrefour de fête et de ferveur populaire. . Au cœur d’une Haïti tourmentée par la crise sécuritaire, un événement culturel majeur a su raviver l’espoir et la fierté nationale : les 70 ans du Konpa, genre musical emblématique du pays, fondé en 1955 par Nemours Jean-Baptiste.
Dès les premières heures, les rues de Pétion-Ville ont vu affluer des centaines d’Haïtiens, enfants sur les épaules, visages souriants. Tous convergent vers un seul lieu, un seul rythme : le Konpa. Malgré les craintes liées à l’insécurité, la foule s’est rassemblée dans une ambiance de fraternité rare, comme pour affirmer haut et fort : la culture ne se rend pas.
Le concert a été lancé par une prestation dynamique du groupe MystèreDivin, qui a donné le ton d’une soirée placée sous le signe de la communion populaire. L’événement, organisé par Handzup Group avec le soutien des ministères du Tourisme, de la Culture et de la Communication, a offert au public une série de performances « live » en plein air.
Accompagné du Groupe de Musiciens pour la Paix, Lionel Benjamin, a livré une performance empreinte de messages forts, appelant à la solidarité nationale et au refus de la violence. D’autres formations comme Bon Jazz, Chwam, DC The Package ont également su enflammer le public par leur maîtrise et leur authenticité.
C’est Roody Roodboy, l’invité de marque de la soirée, qui a eu l’honneur de clôturer l’événement. Fidèle à sa réputation, il a électrisé la Place Boyer avec une prestation magistrale, faisant chanter et danser la foule jusqu’aux dernières notes.
Les organisateurs, Handzup Group, ont salué le soutien des ministères du Tourisme, de la Culture et de la Communication, qui ont permis la tenue de cet événement exceptionnel. Pour eux, cette soirée est plus qu’un concert : c’est une affirmation de vie, une célébration de l’identité haïtienne.
Dans la foule, l’émotion est palpable. On y croise des enfants, des jeunes, des aînés, tous réunis autour d’un héritage commun. Certains dansent, d’autres filment, d’autres encore lèvent les bras vers le ciel, le sourire plein de fierté. On entend des mots comme “respè pou Nemours”.
Sous les projecteurs, une dame exécute quelques pas de Konpa avec son fils. À côté, un jeune couple se serre dans les bras. Plus loin, des vendeurs ambulants profitent de l’affluence pour offrir des fritay et du clairin. C’est toute la société haïtienne qui s’est donnée rendez-vous ici, pour danser ensemble.
Nemours Jean-Baptiste n’était pas là, mais son esprit planait. 70 ans après l’invention de son rythme chaloupé, le Konpa demeure un acte de résistance joyeuse, une mémoire vivante, un lien entre les générations. À travers les notes, Haïti s’est racontée, chantée, pleurée… et relevée.


