La France a remis ce 20 avril 2025 à la Police nationale d’Haïti (PNH) un lot de quatre tonnes de matériel destiné à soutenir les opérations de maintien de l’ordre et de lutte contre les gangs armés. Cette livraison s’accompagne d’une formation technique assurée par le RAID, unité d’élite de la police française.
Selon une communiqué officiel de l’Ambassade de France en Haïti, ce soutien vise principalement les unités spécialisées de la PNH, en première ligne face à l’insécurité. En complément du matériel, une quarantaine de policiers haïtiens participeront à une session de formation axée sur les interventions tactiques et la gestion opérationnelle sur le terrain.
Ce renforcement logistique et technique s’inscrit dans une coopération plus large avec les Forces armées d’Haïti (FAd’H) et la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS). Tout en renforçant les capacités des institutions haïtiennes à faire face à la crise sécuritaire croissante.



Cet article sur la livraison de matériel militaire et la formation des policiers haïtiens par la France illustre une réalité profondément paradoxale et inquiétante. D’un côté, on vante le renforcement officiel des forces de l’ordre pour lutter contre les gangs, et de l’autre, ces mêmes gangs sont armés de matériel militaire que personne ne contrôle véritablement.
Les armes en possession des gangs ne proviennent pas des canaux officiels. Elles circulent via des réseaux de contrebande internationaux, avec la complicité de fonctionnaires corrompus, d’intermédiaires douteux, et parfois d’acteurs étrangers, y compris des mercenaires ou des services de renseignement infiltrés. Ces armes transitent souvent par des points d’entrée non contrôlés, et sont distribuées stratégiquement pour entretenir le chaos. Qui fournit les armes de qualité militaire aux gangs?
Le financement des gangs est un système complexe mêlant des oligarques locaux, des politiciens corrompus, des trafiquants et des réseaux criminels transnationaux. Ces derniers tirent profit de l’insécurité par le trafic de drogue, l’extorsion, les enlèvements contre rançon, et le contrôle des ressources naturelles. Certains acteurs locaux et étrangers financent délibérément ces groupes pour maintenir un climat de terreur, facilitant l’extraction des richesses, le contrôle des territoires, et la manipulation politique. Qui finance ces groupes armés?
L’organisation méthodique des gangs et leur prise de contrôle de zones stratégiques montre clairement qu’ils ne sont pas de simples criminels isolés. Les ordres proviennent souvent de cercles politiques locaux en lien avec des puissances étrangères. La dépopulation forcée de certains quartiers permet de nettoyer ces territoires pour y implanter des projets miniers ou autres exploitations, au profit d’intérêts privés et internationaux. Les gangs agissent ainsi comme des bras armés d’un système d’exploitation plus vaste. Qui donne les ordres pour chasser la population et prendre le contrôle des zones riches en ressources ?
En résumé, cette « coopération » française avec la PNH masque une réalité où la violence organisée est utilisée comme levier pour maintenir Haïti dans l’instabilité. Le matériel fourni aux forces officielles ne suffit pas à contenir les groupes armés qui, eux, bénéficient d’un approvisionnement et d’un soutien occulte. Tant que ces réseaux clandestins et leurs complices ne seront pas démasqués et neutralisés, la paix véritable restera hors de portée.