Mirebalais, autrefois un centre stratégique du Plateau central, est tombée sous le contrôle des gangs armés après une nuit de violences extrêmes. Les attaques coordonnées, menées dans plusieurs quartiers, dont Trianon, ont plongé la ville dans le chaos. Malgré la résistance acharnée des habitants et de la Police nationale d’Haïti (PNH), les assaillants ont réussi à s’emparer des principales infrastructures stratégiques.
Le commissariat et la prison civile de Mirebalais ont été pris d’assaut à l’aube. Selon Marie Yolène Gille, Directrice exécutive de la Fondasyon Je Klere (FJKL), pas moins de 529 détenus se sont évadés à la suite de cette attaque venue de l’extérieur. Parmi eux figurent des criminels dangereux, dont certains purgeaient de lourdes peines. Les policiers, en sous-effectif et mal équipés face à des assaillants lourdement armés, n’ont pas pu contenir l’offensive.
En plus de la prise des infrastructures sécuritaires, les gangs ont semé la terreur dans toute la commune. Des rafales d’armes automatiques ont résonné toute la nuit, des maisons ont été incendiées et une station-service a été réduite en cendres. L’Hôpital universitaire de Mirebalais, pilier du système de santé régional, est désormais paralysé, incapable d’assurer les soins aux blessés en raison de l’insécurité grandissante. Médecins et patients ont dû fuir les lieux sous la menace des criminels.
Depuis plusieurs semaines, des habitants avaient alerté sur une attaque imminente, mais aucune mesure préventive n’a été prise par les autorités. Ni la PNH, ni les Forces armées d’Haïti (FAD’H), ni même la Mission multinationale n’ont réagi à temps pour éviter cette catastrophe. Désormais, la route nationale reliant Port-au-Prince au Grand Nord est bloquée, rendant tout déplacement terrestre impossible et isolant davantage la région.
La prise de Mirebalais marque un tournant inquiétant dans la crise sécuritaire qui secoue Haïti. La ville, autrefois un point névralgique du pays, est désormais livrée aux mains des gangs, laissant la population totalement impuissante face à une violence incontrôlée. L’absence de réponse des autorités risque d’aggraver encore davantage la situation, alors que d’autres villes pourraient bientôt subir le même sort.


