L’administration publique haïtienne est souvent perçue comme un secteur en proie à des défis structurels : manque de ressources, dysfonctionnements internes et une certaine défiance de la population. Pourtant, au milieu de ce contexte difficile, certaines institutions continuent de jouer un rôle crucial dans le développement national. C’est le cas du Programme National de Cantine Scolaire (PNCS), un pilier essentiel pour la lutte contre la faim et la promotion de la scolarisation dans les zones vulnérables.
Créé pour garantir un repas quotidien aux élèves des écoles publiques, le PNCS représente plus qu’une simple assistance alimentaire : il incarne une promesse de justice sociale et d’égalité des chances. Cependant, comme beaucoup d’organismes publics, cette institution n’est pas épargnée par les contraintes logistiques, financières et administratives qui limitent son efficacité. Dans ce contexte, chaque transition de leadership soulève des attentes importantes.
Depuis sa récente nomination, Kevenot Dorvil semble vouloir insuffler une nouvelle dynamique à cette institution stratégique. Dès les premiers jours de son mandat, il a entrepris une série de visites dans les locaux régionaux du PNCS. Ces déplacements, bien plus que des gestes protocolaires, traduisent une démarche axée sur l’analyse concrète des besoins et des défis. En observant directement les conditions de travail, les capacités de stockage et les mécanismes de distribution, il amorce un diagnostic rigoureux de l’état actuel de l’institution.
L’impact de cette approche ne se limite pas aux infrastructures. En interne, les employés soulignent déjà un changement notable dans l’atmosphère de travail. Le style de gestion de Kevenot Dorvil, marqué par la transparence et l’écoute, semble renforcer la motivation et la confiance des équipes. Cet environnement favorable pourrait s’avérer déterminant pour la réussite des réformes qu’il envisage.
Parmi ses priorités, la modernisation des opérations occupe une place centrale. M. Dorvil met l’accent sur la numérisation des processus administratifs et l’optimisation des mécanismes de suivi des distributions alimentaires. Ces initiatives visent non seulement à améliorer l’efficacité du PNCS, mais également à garantir une plus grande redevabilité, un point souvent critiqué dans la gestion publique en Haïti.
Enfin, Kevenot Dorvil se distingue par son insistance sur la transparence. Son engagement à rendre compte régulièrement des résultats du programme, qu’il s’agisse de l’utilisation des ressources ou de l’impact sur les bénéficiaires, envoie un signal fort. À une époque où la méfiance envers les institutions publiques est généralisée, cette posture pourrait bien redorer l’image du PNCS auprès des citoyens.
Les défis auxquels fait face Kevenot Dorvil sont nombreux, et les attentes, élevées. Pourtant, ses premiers pas à la tête du PNCS laissent entrevoir une volonté réelle de transformation et de modernisation. Si les résultats à long terme restent à mesurer, les signaux envoyés jusqu’ici suscitent l’espoir d’un programme plus performant et plus aligné sur sa mission première : offrir aux écoliers haïtiens une chance de réussir, un repas à la fois.


