L’ancienne Première dame Martine Moïse a livré mardi un témoignage particulièrement émouvant devant un tribunal fédéral de Miami, dans le cadre du procès de Christian Emmanuel Sanon, accusé d’avoir participé au complot ayant conduit à l’assassinat du président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021.
À la barre, Martine Moïse a raconté les premières minutes de l’attaque contre la résidence présidentielle à Pétion-Ville. Réveillée par des coups de feu vers 1 heure du matin, elle a affirmé que son mari, resté éveillé à son bureau, lui avait lancé : « Chérie, nous sommes morts. »
Elle a ensuite raconté comment elle avait tenté de mettre leurs enfants à l’abri avant de retourner auprès de Jovenel Moïse. Selon son témoignage, elle a été grièvement blessée lorsque les assaillants ont ouvert le feu dans la chambre. Les procureurs ont présenté des photographies de la scène, provoquant une forte émotion chez l’ancienne Première dame.
Martine Moïse a également affirmé que les hommes armés parlaient espagnol et utilisaient notamment les noms « Jefe » et « Pipe ». Elle a par ailleurs déploré l’absence d’intervention des nombreux agents chargés de la sécurité de la famille présidentielle.
Lors du contre-interrogatoire, la défense l’a interrogée sur les ennemis politiques et économiques de son mari. Martine Moïse a évoqué les tensions de Jovenel Moïse avec certains milieux d’affaires, sans toutefois accuser directement Michel Martelly ou Ariel Henry. Elle a indiqué croire que l’enquête pourrait permettre d’obtenir des réponses concernant l’ancien président.
Elle doit poursuivre son témoignage mercredi. Sa fille, Jomarlie Moïse, qui s’était cachée durant l’attaque, est également appelée à témoigner.


