À l’approche des échéances électorales annoncées pour décembre 2026, le débat sur les conditions de leur organisation s’intensifie en Haïti.
Dans une tribune publiée dans Le Nouvelliste, Gesly Sinvilier, analyste des relations citoyens–institutions, estime que le pays ne peut plus conditionner indéfiniment le retour aux urnes à une situation de sécurité parfaite.
Pour lui, l’enjeu n’est toutefois pas d’organiser des élections à n’importe quel prix. Il s’agit plutôt de définir des garanties permettant d’adapter le processus aux réalités sécuritaires du territoire.
Sinvilier propose notamment de déterminer, zone par zone, les conditions minimales permettant la tenue du vote, tout en prévoyant des mécanismes pour les personnes déplacées et en clarifiant le sort des territoires où le scrutin ne pourrait pas être organisé.
À travers cette position, l’analyste inscrit le débat électoral dans une problématique plus large : celle de la relation entre citoyens et institutions. Pour lui, l’absence prolongée d’élections prive les citoyens d’un mécanisme essentiel pour choisir leurs dirigeants et évaluer leur action.
« Le choix qui se pose à nous n’est donc pas entre un scrutin parfait et un report indéfini », écrit-il, plaidant pour un processus imparfait, mais encadré par des règles claires.


