Cap-Haïtien : Andy Pierre interpelle la mairesse Angeline Bell à l’approche de ses 100 jours de gouvernance

À quelques jours des cent premiers jours de l’administration municipale d’Angeline Bell, le journaliste Andy Pierre a rendu publique une lettre ouverte dans laquelle il dresse un bilan sévère de la gestion actuelle de la mairie du Cap-Haïtien. Entre insalubrité, infrastructures négligées et absence de politique de transport, il appelle la mairesse à réorienter urgemment son action pour éviter un « rendez-vous manqué ».

Un constat sévère signé Andy Pierre

Dans un contexte de mécontentement croissant dans la deuxième ville du pays, le journaliste et citoyen engagé Andy Pierre a choisi de prendre la plume pour exprimer ses préoccupations.

Pour lui, la mairesse Angeline Bell, à qui la population avait accordé le bénéfice du doute malgré les tensions entourant sa nomination, n’a pas su amorcer les actions attendues lors de ses premiers mois de mandat.

Andy Pierre déplore notamment :

1. Une gestion des déchets chaotique

La ville est submergée par les ordures, sans plan structuré de collecte, tri ou traitement. L’insalubrité progresse et dégrade autant la santé publique que l’image de la cité historique.

2. Des canaux de drainage laissés à l’abandon

Au moindre épisode de pluie, la population vit dans la peur d’inondations. Canaux bouchés, absence de curage, infrastructures dégradées : Andy point du doigt une négligence grave qui met en danger des vies et ralentit l’activité économique.

3. Une mobilité urbaine paralysée

Embouteillages permanents, absence de régulation du transport public, désordre routier : selon lui, aucune vision moderne du transport n’a été mise en place, rendant les déplacements infernaux.

Le journaliste insiste sur le fait que cette démarche n’est pas un acte d’hostilité, mais un « devoir citoyen » motivé par son attachement profond à sa ville.


Lettre ouverte d’Andy Pierre à Madame la Mairesse Angeline Bell

(Publication intégrale)


Lettre ouverte à Madame la Mairesse Angeline Bell :

Pour une réorientation urgente de sa gouvernance

Madame la Mairesse,

Alors que les cent jours que vous avez sollicités pour poser les bases de votre administration approche, il nous faut, avec gravité mais sans animosité, dresser un constat préoccupant de votre gestion depuis votre prise de fonction le 5 septembre 2025.

Malgré les tensions, les vagues de protestations qui ont accompagné votre arrivée à la tête de la mairie du Cap-Haïtien, nombre de citoyens avaient nourri l’espoir d’un renouveau, d’une nouvelle dynamique qui répondrait aux besoins urgents que confronte la ville de Bertrand d’Ogeron. Hélas, les attentes sont restées sans réponse, la réalité demeure inchangée voire aggravée dans tous les sens du terme. Aucun chantier réel n’a véritablement été lancé, aucune réforme profonde ne semble amorcée, alors que les urgences s’accumulent.

Madame la mairesse, je tiens aujourd’hui ma plume en tant que citoyen engagé, jeune journaliste soucieux de l’avenir de mon pays, pour vous adresser cette correspondance en vue de vous rappeler non seulement vos prérogatives en tant que mairesse d’une ville historique et stratégique, mais aussi votre responsabilité en tant que jeune qui était, entre autres, censée incarner une nouvelle génération politique : une génération porteuse de valeur et de rigueur où les jeunes prendront une place plus importante dans la gestion de la chose publique.

J’aimerais madame la mairesse, à travers cette démarche citoyenne, attirer votre attention sur trois axes majeurs qui, s’ils ne sont pas rapidement pris en compte, hypothéqueront l’avenir de notre ville.

Premièrement : la gestion inefficace des déchets.

La ville du Cap-Haïtien étouffe sous le poids d’une insalubrité grandissante. L’absence de stratégie claire pour la collecte, le tri et le traitement des ordures ménagères compromet non seulement la santé publique, mais affecte aussi l’image de la ville. Trop de quartiers vivent au rythme des amoncellements de déchets, sans intervention durable des services municipaux.

Deuxièmement : l’irresponsabilité face à l’entretien des canaux de drainage.

Chaque pluie, aussi légère soit-elle, devient une source d’angoisse pour la population. Les canaux sont obstrués, les structures de canalisation laissées à l’abandon, sans compter les dégâts routiers provoqués par les travaux de la DINEPA. Cette négligence expose la ville à des inondations récurrentes qui détruisent des habitations, freinent les activités économiques et menacent des vies. Il est temps d’agir avec rigueur pour réhabiliter ces infrastructures vitales.

Troisièmement : une politique de transport urbain inexistante.

La congestion chronique paralyse la mobilité dans la ville. Les embouteillages interminables, l’absence de planification du trafic et de régulation du transport en commun transforment les déplacements en véritable calvaire. Il est urgent de penser une politique de transport moderne, structurée, intégrée à l’urbanisme, pour désengorger les routes et fluidifier la vie urbaine.

J’ai, lors de votre installation officielle, pris des engagements publics en affirmant mon soutien à vos perspectives. De ce fait, ma démarche d’aujourd’hui ne saurait en aucun cas être interprétée comme une quête de faveurs ou une volonté de nuisance. Je m’érige plutôt en défenseur d’une cause noble : celle de la ville qui m’a vu naître, grandir, et à laquelle je reste viscéralement attaché.

Je vous exhorte donc, avec tout le respect dû à votre fonction, à réajuster rapidement votre cap. Que ces cent jours ne soient pas le symbole d’un rendez-vous manqué, mais plutôt le socle d’un sursaut attendu.

Andy PIERRE

Journaliste

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