Artibonite : 84 morts, 24 attaques armées en neuf mois, selon le RNDDH

La situation sécuritaire du département de l’Artibonite continue de se détériorer à un rythme inquiétant. Dans un rapport publié ce mercredi, le RNDDH dénonce une vague de violences armées ayant coûté la vie à au moins 84 personnes, dont quatre policiers et deux agents de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), entre janvier et septembre 2025.

Selon l’organisation, 24 massacres et attaques armées ont été recensés dans 25 localités différentes, réparties dans huit communes du département : Gros-Morne, La Chapelle, L’Estère, Liancourt, Marchand-Dessalines, Montrouis, Petite-Rivière de l’Artibonite et Verrettes.

Ces zones, jadis considérées comme le grenier agricole d’Haïti, sont aujourd’hui sous la coupe de plusieurs gangs lourdement armés, notamment la Base Gran Grif, Kokorat San Ras et les Talibans-Mawozo, qui contrôlent les principaux axes routiers et imposent leur loi à la population.

Le rapport décrit des scènes d’horreur : des attaques simultanées, des incendies criminels, des pillages, des exécutions sommaires, mais aussi des massacres collectifs, comme celui de Préval le 20 mai 2025, où au moins 24 personnes ont été tuées, dont le pasteur Jean Jacques Brutus et plusieurs fidèles de son église.

Le RNDDH pointe également du doigt l’inaction et la complaisance des autorités, soulignant que malgré la présence de policiers, de soldats des FAD’H et d’agents de la mission internationale, plusieurs communes sont toujours livrées aux gangs.
Les institutions judiciaires locales, affaiblies ou détruites, n’ont pu fournir aucune réponse efficace. Plusieurs tribunaux et commissariats ont été incendiés ou abandonnés.

Le réseau appelle l’État à fournir des moyens matériels et humains à la Police nationale, à protéger les victimes, et à rétablir les conditions minimales de sécurité pour permettre aux habitants déplacés de regagner leurs foyers.

« Si rien n’est fait, la violence qui ravage aujourd’hui l’Artibonite s’étendra à d’autres régions du pays », avertit le RNDDH.

A lire aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *