ONU : Les frappes de drones en Haïti jugées “probablement illégales”

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé jeudi 2 octobre 2025 sa profonde inquiétude face à l’usage de la force létale par les autorités haïtiennes dans leur lutte contre les gangs armés. Devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, il a affirmé que les frappes de drones menées par le gouvernement haïtien étaient « disproportionnées et probablement illégales » au regard du droit international.

Selon les données communiquées par le responsable onusien, au moins 559 personnes, dont 11 enfants, ont été tuées jusqu’à présent cette année lors de ces frappes, principalement dans la capitale Port-au-Prince. Par ailleurs, 174 personnes auraient été exécutées sommairement par des unités de police pour leurs liens présumés avec des gangs.

« Je suis préoccupé par l’usage disproportionné et souvent inutile de la force létale par les forces de l’ordre haïtiennes dans leurs opérations », a déclaré Volker Türk devant le Conseil.

Les informations locales font également état d’une frappe particulièrement dramatique ayant visé une fête d’anniversaire organisée par un chef de gang présumé, au cours de laquelle huit enfants auraient péri.

Face à l’insécurité grandissante, le gouvernement de transition haïtien a confié, en mars dernier, la conduite de ses opérations de drones à Vectus Global, une société privée dirigée par Erik Prince, fondateur de Blackwater.

Jusqu’à présent, ni la firme, ni la Police nationale d’Haïti, ni le gouvernement haïtien n’ont réagi publiquement aux critiques concernant la légalité et la proportionnalité de ces frappes.

Pendant ce temps, la mission de soutien dirigée par le Kenya a désormais pris fin, et le Conseil de sécurité des Nations unies a voté pour le déploiement d’une nouvelle force composée de 5 500 militaires, policiers et civils, chargée de la lutte contre les gangs en Haïti. Ce renfort vise à soutenir les autorités locales face à la montée de la criminalité, mais son déploiement dépend encore des contributions volontaires des États membres.

Cette dénonciation du Haut-Commissaire survient alors qu’Haïti demeure plongée dans une crise sécuritaire sans précédent : les groupes armés contrôlent désormais plus de 90 % de Port-au-Prince, provoquant des déplacements massifs de population et aggravant une crise alimentaire aiguë qui touche plus d’un million de personnes.

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