Cap-Haïtien étouffe dans l’obscurité : l’électricité reste un luxe inaccessible

Malgré la présence de deux centrales électriques, la ville du Cap-Haïtien fait toujours face à une crise énergétique chronique. Depuis plus de trois ans, ses habitants vivent sans courant régulier, une situation qui freine le développement économique et touristique de la région.

Cap-Haïtien, deuxième ville du pays et haut lieu de l’histoire haïtienne, demeure plongée dans l’obscurité. Depuis avant de l’assassinat du président Jovenel Moïse, les habitants affirment n’avoir reçu que très peu voire aucune alimentation électrique. Une réalité choquante à l’ère du 21e siècle, alors même que le pays tente de se positionner comme une destination touristique, culturelle et événementielle.

Le paradoxe est frappant : la ville dispose de deux centrales électriques, dont la centrale José Marti, en service depuis 16 ans au centre-ville, et une autre à Cité Sainte-Philomène, en périphérie sud. Pourtant, ces infrastructures ne suffisent pas à couvrir les besoins minimaux des résidents. Les pannes sont constantes, les interruptions longues et la production insuffisante.

Cette crise de l’électricité n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une longue série de déficiences structurelles, marquées par le manque d’entretien, de gestion et de volonté politique réelle pour moderniser le réseau électrique dans le Nord.

Face à l’inertie de l’État, les habitants se tournent de plus en plus vers l’énergie solaire, malgré les coûts élevés d’installation. « Si l’État ne fait rien, on n’a pas le choix », confie un père de famille de Petite-Anse. « On s’équipe comme on peut : panneaux solaires, batteries, lampes à recharge… »

Cette tendance s’observe non seulement au Cap-Haïtien, mais aussi dans plusieurs autres communes du département du Nord, également confrontées à l’absence totale de service électrique public.

Pour les autorités locales, la question de l’électricité est devenue cruciale pour soutenir le développement du Cap-Haïtien. Sans énergie, impossible de faire vivre les projets touristiques, culturels ou économiques. Des événements doivent être annulés ou réduits. Des entreprises ferment plus tôt. La vie quotidienne devient un exercice d’adaptation permanente.

 Pour de nombreux citoyens, l’urgence est maintenant. Tant que la lumière ne reviendra pas dans les foyers, le Cap-Haïtien restera dans l’ombre, malgré son potentiel immense.

A lire aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *