L’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) a déclenché une onde de choc cette semaine en révélant une série de rapports accablants sur la gestion de plusieurs institutions publiques haïtiennes. Le tableau dressé est alarmant : abus de fonction, détournements de fonds, marchés publics irréguliers, et falsification de documents officiels.
OFATMA : contrats illégaux et favoritisme
Le Dr Carl François, directeur de l’OFATMA, est accusé d’avoir attribué illégalement des contrats à des entreprises proches comme Valcuisine et Oley Event & Food Services, en contournant les règles de passation de marchés. L’ULCC réclame des poursuites judiciaires et le gel des comptes bancaires des entreprises impliquées.
Direction de l’Immigration : 556 passeports frauduleux
Entre septembre et novembre 2024, 556 passeports ont été fabriqués illégalement avec de faux timbres fiscaux, pendant une grève de la DGI. Stéphane Vincent, aidé de collaborateurs, a monté un système de fraude incluant un compte bancaire fictif. L’ULCC appelle à des poursuites contre lui et ses complices.
DIE : dépenses sans trace et “gratifications” douteuses
Des centres de la DIE ont enregistré des pertes de centaines de milliers de gourdes sans justificatif. À Delmas, Tabarre, Lalue et Pétion-Ville, aucune traçabilité des fonds, pas de signatures, ni de pièces comptables. L’ULCC demande des poursuites pénales et un audit complet.
OPC : voyages fictifs, millions évaporés
Sous la direction de Renan Hédouville, des millions de gourdes ont été dépensés pour 10 voyages qui n’ont jamais eu lieu. L’agence Sans Souci Voyages est citée pour avoir émis de faux documents de déplacement. L’ULCC exige des poursuites et la récupération judiciaire des sommes détournées.
Ces révélations de l’ULCC jettent une lumière crue sur la culture d’impunité qui ronge l’administration publique. Elles appellent une réponse rapide et exemplaire des autorités judiciaires. La société civile, elle, observe avec une vigilance accrue.


