La Banque de la République d’Haïti (BRH) a lancé, jeudi, la deuxième édition des Journées scientifiques du Fonds BRH pour la Recherche et le Développement (FRD-BRH). À cette occasion, le gouverneur de la BRH, Ronald Gabriel, a appelé à faire de la recherche scientifique un pilier du développement national en renforçant les investissements dans la production de connaissances et leur valorisation au profit des politiques publiques et de l’économie.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, du ministre de l’Économie et des Finances, du ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, du recteur de l’Université d’État d’Haïti (UEH), des membres du Conseil d’administration de la BRH, ainsi que de représentants des universités, du secteur privé, des institutions nationales et internationales et de la communauté scientifique.
Dans son discours, Ronald Gabriel a souligné que la présence des plus hautes autorités de l’État traduit une volonté d’accorder une place centrale à la recherche dans les stratégies de développement du pays. Il a rappelé que le ministère de l’Économie et des Finances accompagne le financement du Fonds BRH pour la Recherche et le Développement depuis sa création, tandis que le ministère de l’Éducation nationale constitue un partenaire essentiel pour la diffusion des résultats des recherches financées.
Le gouverneur de la banque centrale a insisté sur le fait que le développement durable d’un pays repose avant tout sur sa capacité à produire ses propres connaissances. Selon lui, les mutations technologiques, l’essor de l’intelligence artificielle, les changements climatiques et les nouvelles dynamiques géopolitiques imposent à Haïti de développer des réponses adaptées à ses réalités plutôt que de dépendre de solutions conçues dans d’autres contextes.
« Un pays qui ne produit pas suffisamment de connaissances sur ses défis est souvent contraint d’importer les solutions conçues par d’autres », a-t-il affirmé, estimant que la souveraineté d’une nation passe également par sa capacité à comprendre et à analyser ses propres enjeux.
Ronald Gabriel a également expliqué que le rôle d’une banque centrale ne se limite pas à préserver la stabilité monétaire et financière. À ses yeux, cette stabilité constitue la base sur laquelle peuvent se développer l’investissement, l’innovation, la productivité et la croissance économique. C’est dans cette logique que la BRH a choisi d’investir dans le capital intellectuel du pays à travers le Fonds BRH pour la Recherche et le Développement.
Au cours de ces deux journées scientifiques, les chercheurs présentent des travaux portant notamment sur l’agriculture intelligente, la gestion durable des déchets, la médecine traditionnelle, les technologies financières, les paiements mobiles, les changements climatiques et la valorisation des ressources naturelles. Ces recherches visent à proposer des solutions concrètes aux défis économiques, sociaux et environnementaux auxquels fait face Haïti.
Le gouverneur a toutefois souligné que la réussite du Fonds ne se mesurera pas uniquement au nombre de projets financés, mais surtout à la capacité des institutions à transformer les résultats de la recherche en politiques publiques, en innovations technologiques et en initiatives capables d’améliorer les conditions de vie de la population.
La cérémonie a également mis en valeur les talents de jeunes élèves des établissements Educaré Ayiti et du Collège Catts Pressoir, qui ont présenté des projets en robotique et en intelligence artificielle. Pour Ronald Gabriel, ces démonstrations illustrent le potentiel de la jeunesse haïtienne dans les domaines scientifiques et technologiques.
En conclusion, le gouverneur de la BRH a plaidé pour la mise en place d’un véritable écosystème national de recherche, fondé sur une collaboration étroite entre l’État, les universités, le secteur privé et les partenaires internationaux. Il a estimé que le financement de la recherche et de l’innovation doit devenir une responsabilité collective afin d’accélérer le développement économique et social du pays.
Cette deuxième édition des Journées scientifiques du Fonds BRH pour la Recherche et le Développement se veut ainsi un espace d’échanges entre chercheurs, décideurs publics et acteurs économiques, avec l’ambition de rapprocher la production scientifique des besoins concrets d’Haïti.


