Le projet de décret électoral adopté le 2 juin en Conseil des ministres continue de susciter des interrogations. Dans une analyse rendue publique, l’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) évoque plusieurs « zones d’ombre » qui, selon elle, pourraient peser sur la transparence et l’équité des prochaines élections.
Au centre des préoccupations, les conditions d’accès à la candidature. L’OCNH estime que certaines exigences administratives, notamment liées à la décharge et au quitus fiscal, restent floues dans leur application. Ces incertitudes pourraient, dans les faits, compliquer la participation de certains candidats, en particulier ceux qui ne disposent pas de ressources ou d’appuis institutionnels solides.
L’organisation attire également l’attention sur des dispositions jugées peu adaptées à la réalité du pays. Dans les collectivités territoriales, par exemple, certaines conditions imposées aux candidats sont perçues comme restrictives et susceptibles d’exclure une partie de la population.
Autre point soulevé : le fonctionnement des structures électorales. L’OCNH s’interroge sur les mécanismes de nomination et de révocation, estimant que le manque de garanties claires pourrait fragiliser l’indépendance de ces instances.
Pour l’organisation, ces zones d’ombre risquent d’alimenter la méfiance dans un contexte déjà marqué par une crise de confiance entre citoyens et institutions. Elle appelle ainsi les autorités à apporter des clarifications et à ajuster le texte afin de renforcer la crédibilité du processus.
Alors que les élections sont attendues comme une étape décisive pour sortir de l’impasse politique, l’OCNH insiste sur l’importance de règles lisibles, équitables et adaptées aux réalités du terrain.
Sans ces ajustements, prévient-elle, le risque est grand de voir le processus électoral contesté avant même son lancement.


