La ministre haïtienne de la Planification et de la Coopération externe, Sandra Paulemon, a consacré sa thèse doctorale à l’analyse des liens entre gouvernance, stabilité politique et réduction de la pauvreté dans les États fragiles.
Soutenue avec succès à Liberty University, cette recherche compare les réalités d’Haïti et de la Colombie afin d’identifier les facteurs pouvant favoriser la stabilité institutionnelle et le développement durable.
Dans son étude, la ministre souligne que la faiblesse des institutions publiques demeure l’un des principaux obstacles au développement d’Haïti. Elle estime que l’absence de planification stratégique, la centralisation du pouvoir, la corruption et la faible coordination des politiques publiques aggravent la pauvreté et l’instabilité sociopolitique.
La recherche repose sur une méthodologie mixte combinant enquêtes quantitatives, observations de terrain et analyses institutionnelles. Plusieurs données ont été recueillies directement dans des camps de déplacés en Haïti, auprès de populations touchées par l’insécurité et les déplacements forcés.
Les résultats montrent qu’une grande partie des personnes interrogées déplore le manque d’accès aux services essentiels, notamment l’éducation, les soins de santé, l’eau potable et l’emploi. Beaucoup considèrent également que l’absence de présence effective de l’État dans certaines zones a favorisé l’expansion de l’insécurité et de l’exclusion sociale.
L’étude met aussi en avant l’expérience colombienne, présentée comme un exemple de réformes progressives ayant permis de renforcer certaines institutions publiques et d’améliorer la gouvernance territoriale.
Selon la thèse, la Colombie a obtenu des avancées grâce à une meilleure coordination entre sécurité, politiques sociales et développement territorial. L’étude souligne également l’importance des investissements publics, de la décentralisation et de la présence institutionnelle dans les régions vulnérables.
Parmi les principales recommandations formulées pour Haïti figurent la modernisation de l’administration publique, le renforcement des institutions de planification, l’amélioration de la transparence dans la gestion publique ainsi que le soutien aux collectivités territoriales.
La recherche insiste également sur la nécessité d’adopter des politiques économiques inclusives, capables de créer des emplois et de réduire les inégalités sociales.
Dans sa conclusion, Sandra Paulemon affirme que la stabilité et le développement des États fragiles dépendent avant tout de la qualité de la gouvernance publique et de la capacité des institutions à répondre aux besoins fondamentaux de la population.


