Le ministère des Affaires étrangères et des Cultes (MAEC) a lancé, ce mercredi, un colloque national consacré à la migration, dans le but de redéfinir les orientations stratégiques d’Haïti en la matière. L’initiative s’inscrit dans la vision du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par la ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, qui a insisté sur la nécessité pour l’État haïtien de se doter d’une politique migratoire plus cohérente, adaptée aux réalités contemporaines. Elle a rappelé que la migration constitue aujourd’hui un enjeu majeur de la diplomatie haïtienne.
Ce colloque, organisé dans la capitale, réunit des représentants d’institutions publiques, des organisations internationales, des universitaires ainsi que des membres de la société civile. Les discussions visent à poser les bases d’une stratégie nationale capable de mieux encadrer les flux migratoires et de renforcer la protection des ressortissants haïtiens à l’étranger.
Selon les autorités, cette démarche s’inscrit également dans une perspective internationale, à l’approche du Forum international d’examen des migrations 2026, prévu du 5 au 8 mai prochain au siège des Nations Unies.
Dans son intervention, la cheffe de la diplomatie a mis en avant le rôle central du MAEC dans la gestion des relations avec les pays d’accueil, la négociation d’accords migratoires et la défense des droits des migrants haïtiens. Elle a aussi souligné l’importance de la coordination interinstitutionnelle, notamment avec les ministères des Affaires sociales, de l’Intérieur et des Haïtiens vivant à l’étranger.
Le ministère collabore également avec des partenaires internationaux, dont l’Organisation internationale pour les migrations, afin de promouvoir une gouvernance migratoire plus efficace et concertée.
Abordant les causes des migrations, Raina Forbin a évoqué les crises sécuritaires, les inégalités économiques, les catastrophes naturelles et les effets des changements climatiques. Elle a réaffirmé l’engagement du gouvernement à promouvoir une migration « sûre, ordonnée et régulière », dans le respect des droits humains et des lois des pays d’accueil.
Pour l’exécutif, la migration doit être perçue comme une opportunité de coopération et de développement, plutôt que comme une contrainte. Les travaux du colloque, coordonnés par l’Académie diplomatique Jean Price-Mars, devraient déboucher sur des recommandations concrètes en vue d’améliorer la gouvernance migratoire et la prise en charge des Haïtiens vivant à l’étranger.


