Le Grand Bloc du Peuple (GBP) a vivement réagi à la décision du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé d’augmenter les prix des produits pétroliers à la pompe, entrée en vigueur le 2 avril 2026. Dans une note officielle publiée à Port-au-Prince le 3 avril, la structure politique exprime sa « profonde indignation » face à cette mesure jugée unilatérale et déconnectée de la réalité socio-économique du pays.
Tout en reconnaissant les effets des tensions internationales, notamment celles liées au conflit avec l’Iran sur le marché pétrolier mondial, le GBP critique sévèrement la gestion gouvernementale du dossier. Selon l’organisation, cette décision traduit « une irresponsabilité et une incompétence notoires », aggravant davantage les conditions de vie déjà précaires de la population.
Le GBP dénonce également une pratique qu’il qualifie d’« inique », consistant, selon lui, à maintenir les prix élevés lorsque les cours mondiaux baissent, au bénéfice d’une minorité, tout en répercutant immédiatement les hausses sur les consommateurs en cas de fluctuation internationale.
Dans sa prise de position, le regroupement politique s’indigne du contraste entre l’application rapide de cette mesure économique et la gestion jugée insuffisante de la crise sécuritaire. Il évoque notamment les violences survenues récemment à Jean-Denis, dans le département de l’Artibonite, où de nombreuses victimes ont été recensées, ainsi que des cas d’incendies et de déplacements forcés de populations.
Le GBP appelle le gouvernement à adopter sans délai des mesures d’accompagnement social en faveur des couches les plus vulnérables. À défaut, il met en garde contre un risque accru de tensions sociales, évoquant la possibilité d’une « émeute de la faim » aux conséquences imprévisibles.
Enfin, l’organisation invite les acteurs politiques à se mobiliser afin de contraindre les autorités à prendre des décisions concrètes en faveur de la population. Elle rappelle que la mission première d’un gouvernement demeure la protection des intérêts du peuple, dans un contexte marqué par de graves défis sécuritaires et humanitaires.


