Les États-Unis indiquent que la création d’une nouvelle force contre les gangs en Haïti n’est pas encore approuvée

Malgré le soutien affiché par le Conseil de sécurité de l’ONU et plusieurs pays de la région, l’adoption d’une résolution pour créer une nouvelle force internationale de lutte contre les gangs en Haïti n’est pas encore acquise. Le secrétaire d’État adjoint américain, Christopher Landau, a averti lundi que certains acteurs pourraient tenter d’empêcher ou de ralentir cette décision cruciale. « Il est temps d’agir, et les États-Unis appellent tous nos partenaires à se joindre à nous pour faire pression en faveur de cette résolution », a-t-il déclaré, selon le journal Miami Herald.

La réunion de haut niveau sur Haïti, organisée à l’ONU et coprésidée par Haïti, les États-Unis et le Kenya, a mis en lumière les limites de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS). Le président kenyan William Ruto a reconnu les progrès réalisés, mais a souligné que la mission actuelle souffre de sous-effectifs et de manque d’équipements et de financement. « Si nous n’assurons pas une transition adéquate, nous risquons de perdre tout ce que nous avons accompli », a-t-il averti.

Les États-Unis et le Panama ont proposé un projet de résolution pour créer une Force de répression des gangs cinq fois plus nombreuse que la mission actuelle, capable d’agir de manière plus autonome par rapport à la police haïtienne. Pourtant, des interrogations subsistent sur sa mise en place, la chaîne de commandement et le financement de cette nouvelle force, qui vise un effectif de 5 500 hommes contre 1 000 aujourd’hui.

Certains pays, dont la Chine et la Russie, expriment des réserves sur l’utilisation des cotisations et la coordination avec d’autres instances internationales. La Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, a souligné la nécessité d’éclaircissements sur l’organisation et les chiffres retenus pour la future mission. L’ambassadeur chinois Geng Shuang a rappelé que la résolution de la crise haïtienne exige aussi que le pays assume sa responsabilité première, selon le Miami Herald.

La question de la nouvelle mission de sécurité intervient alors que les gangs continuent d’étendre leur influence à Port-au-Prince et dans les zones rurales du nord. L’incertitude autour de l’adoption de la résolution laisse planer des doutes sur la capacité de la communauté internationale à apporter une réponse rapide et efficace à cette crise sécuritaire majeure.

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