En cette veille du 18 mai 2025, l’organisation politico-sociale “Pou Okap, Pou Ayiti”, condamne l’attitude passive et déconnectée du pouvoir central, incapable d’assurer les missions de base d’un État moderne. Pour cette structure militante, la Fête du Drapeau ne peut pas être réduite à un simple défilé folklorique alors que le pays sombre dans la misère, la saleté, le noir et la peur.
“Nous vivons sous une véritable anarchie”, déclare l’organisation, qui critique sévèrement l’absence de principes démocratiques en Haïti : plus d’alternance politique, plus de séparation des pouvoirs, plus de souveraineté populaire, mais plutôt une dictature masquée où les caprices des chefs remplacent la loi.
La décision du gouvernement d’organiser la Fête du Drapeau cette année dans la ville du Cap-Haïtien, en lieu et place de la commune historique de l’Arcahaie, est jugée cynique. Bien que le Cap soit une ville au riche patrimoine historique, touristique et culturel, “Pou Okap, Pou Ayiti” déplore qu’il s’agisse aujourd’hui d’un territoire laissé à l’abandon, malgré la présence inédite de plusieurs personnalités originaires du Nord dans l’appareil étatique.
La réalité dans les rues du Cap est sombre :
• des poussières nocives
• des inondations régulières
• des ordures accumulées
• des coupures d’électricité constantes
• des axes routiers impraticables
Le décor est donc loin d’être digne d’une fête nationale, affirme l’organisation.
Qu’en est-il des promesses ?
Dans sa prise de position, “Pou Okap, Pou Ayiti” pose une série de questions cruciales :
• Où en est le projet de décharge de Mouchinette ?
• Que devient le projet d’aménagement du littoral ?
• Pourquoi l’appel d’offres pour la reconstruction de la Route Nationale #3 ne débouche sur rien ?
• Où sont passés les fonds publics pour les travaux de drainage, d’assainissement et d’infrastructure routière ?
Cette succession d’interrogations met en lumière l’échec d’un État central et local incapable d’engager des projets durables pour le développement du Nord.
222 ans après la création du drapeau national, “Pou Okap, Pou Ayiti” affirme qu’il est temps de sortir du silence et de l’inaction. Le peuple haïtien, particulièrement les jeunes générations, mérite un avenir digne, pas des festivités maquillées dans la misère. L’organisation appelle chaque citoyen à se mobiliser pour exiger un pays à la hauteur de ses symboles.


