Chaque fin d’année est censée être un moment de réflexion, un temps pour espérer un renouveau. Mais en Haïti, ce rituel prend des airs de fatalité. Comment parler d’espoir quand tout s’effondre ? Comment tourner la page d’une année qui n’a apporté que souffrance et désespoir ?
Alors que 2024 s’efface, Haïti porte les stigmates d’une année déchirée par la misère et l’insécurité. Ce fut une année marquée par une descente vertigineuse dans le chaos : les gangs étendent chaque jour leur emprise, transformant des quartiers entiers en zones de non-droit. Les familles déplacées s’entassent, sans abri ni assistance, témoignant d’un État absent. L’aéroport international de Port-au-Prince, fermé depuis des mois, incarne un isolement à la fois symbolique et réel, laissant le pays coupé du monde.
Ce sombre tableau n’est pas nouveau, mais il s’aggrave. Les dirigeants, enfermés dans leurs calculs personnels, semblent insensibles à l’effondrement qui les entoure. Tandis que les priorités de la communauté internationale se déplacent ailleurs, Haïti glisse doucement vers l’oubli. Ce n’est plus seulement une crise ; c’est une abdication collective, nationale et internationale, face à une tragédie humaine qui aurait dû mobiliser tous les cœurs et toutes les consciences.
Un pays qui survit grâce à sa diaspora
Si Haïti ne sombre pas totalement, c’est avant tout grâce à sa diaspora. Des millions de dollars envoyés chaque mois par nos compatriotes vivant à l’étranger permettent à des familles de survivre : se nourrir, payer un loyer, envoyer leurs enfants à l’école. Ce réseau de solidarité, invisible mais essentiel, est devenu le dernier pilier d’une nation délaissée par ses élites.
Mais cette aide a ses limites. La diaspora ne peut porter indéfiniment le poids d’un État défaillant. Elle ne peut compenser l’absence d’un projet national ni pallier le désintérêt flagrant des autorités locales et internationales.
2025 : Une année de défis
L’année qui s’annonce ne promet rien de meilleur, à moins d’un sursaut collectif. Ce sursaut doit venir de tous : de nos dirigeants, qui doivent sortir de leur léthargie cynique ; des citoyens, qui doivent transformer leur résilience en action ; et de la communauté internationale, qui doit comprendre que l’abandon d’Haïti est une honte pour l’humanité tout entière.
2024 est une année que beaucoup voudront oublier, mais nous ne pouvons pas effacer ses leçons. Elle doit devenir le point de départ d’une réflexion profonde et d’un engagement renouvelé pour un avenir meilleur. Si 2025 doit avoir un sens, ce sera celui du changement, de la justice et de la solidarité.
Une vérité à ne pas oublier
Il n’est pas trop tard. Mais le temps presse. Haïti est à genoux, mais Haïti n’est pas vaincue. Que cette vérité nous inspire et nous guide.
Le choix est entre l’abîme et l’espoir. Ne laissons pas l’histoire décider pour nous.


