La situation entourant Me Aviol Fleurant, ancien ministre de la Planification et de la Coopération Externe, a pris un nouveau tournant après que l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a officiellement demandé à la justice haïtienne de le poursuivre pour des accusations de corruption et de fausse déclaration de patrimoine. Ce développement survient après la publication d’un rapport d’enquête accablant, qui met en évidence des irrégularités financières et des actes d’enrichissement illicite présumés.
Contexte de l’enquête
L’enquête de l’ULCC sur Aviol Fleurant a pris racine dans une pétition menée par le journaliste Rudy Sanon, appuyée par plus de 4 900 signataires. Cette initiative citoyenne mettait en exergue la nécessité de renforcer la transparence et de responsabiliser les responsables publics en Haïti. Sous la direction du Directeur Général de l’ULCC, Me Hans Jacques Ludwig Joseph, le rapport d’enquête a mis au jour des irrégularités majeures dans la déclaration de patrimoine de M. Fleurant, soulevant des préoccupations sur l’intégrité de la gestion publique.
Les principaux faits reprochés
Le rapport accuse Me Aviol Fleurant d’avoir dissimulé une croissance injustifiée de son patrimoine, qui aurait augmenté de 253,26 % pendant son mandat, atteignant un total de 75 millions 207 mille 339 gourdes. En outre, l’ancien ministre aurait utilisé des fonds inexpliqués pour acquérir deux propriétés à Péguy-Ville au nom de ses enfants, d’une valeur de 75 000 dollars américains. Il est également accusé d’avoir omis de déclarer des honoraires d’avocat s’élevant à 400 000 gourdes par mois, ce qui aurait privé l’État de revenus fiscaux d’environ 2,8 millions de gourdes.
Recommandations de l’ULCC
L’ULCC recommande non seulement la poursuite de Me Fleurant devant la justice, mais aussi un redressement fiscal de ses déclarations de patrimoine pour les exercices financiers de 2015-2016, 2016-2017 et 2017-2018. Ces recommandations visent à promouvoir une gouvernance transparente et à assurer que les représentants de l’État soient tenus responsables de leurs actions.
Conséquences et impact
Cette affaire est un exemple de la lutte de la société haïtienne contre la corruption et pour une plus grande transparence dans la gestion des affaires publiques. Les actions entreprises par l’ULCC pourraient marquer un tournant important dans la mise en place de mécanismes de contrôle plus stricts pour prévenir l’enrichissement illicite au sein du gouvernement.
L’issue de cette affaire sera déterminante pour renforcer la confiance des citoyens envers les institutions publiques et pour encourager une culture de responsabilité et d’éthique parmi les responsables publics en Haïti.


