Pour la première fois, les forces de l’ordre haïtiennes ont adopté une nouvelle approche dans leur lutte contre les gangs criminels, en prolongeant leur présence sur le terrain au-delà de 24 heures. Lors d’une opération récente, des unités spécialisées ont assiégé les repaires des gangs situés au bas de Delmas et au nord de Port-au-Prince, et sont restées sur place, marquant un tournant dans la stratégie sécuritaire du pays.
Cette nouvelle méthode a été bien accueillie par les résidents locaux, qui voient en elle une possibilité concrète de démanteler les réseaux criminels. Un habitant de la zone a salué cette approche, affirmant qu’un siège de 15 jours pourrait suffire à affaiblir significativement les gangs et à rétablir un semblant de sécurité. Ce résident a également souligné l’importance de la collaboration entre les forces de l’ordre et la population locale. En effet, les habitants de quartiers comme Solino connaissent bien les zones de refuge des criminels et les pièges qu’ils ont mis en place, comme des fossés creusés pour entraver le passage des véhicules blindés. Ils sont également prêts à fournir des informations sur les routes de fuite potentielles que les malfrats pourraient utiliser pour échapper à l’encerclement policier.
Cette initiative policière intervient dans un contexte de lutte accrue contre la criminalité, avec des arrestations récentes de policiers accusés de complicité avec les gangs. Certains des agents appréhendés appartenaient à l’unité BIM (Brigade d’Intervention Motorisée), une unité souvent ciblée par les criminels. Cette purification interne au sein des forces de sécurité vise à renforcer la confiance du public et à accroître l’efficacité des opérations contre les gangs.
Cette stratégie de maintien prolongé sur le terrain pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la criminalité en Haïti, offrant un espoir de paix et de sécurité à une population longtemps affligée par la violence des gangs.


