Dans une analyse consacrée au secteur portuaire haïtien, l’économiste Benzico Pierre s’interroge sur la gestion des droits d’exploitation accordés aux opérateurs privés et sur leur conformité au cadre légal en vigueur. Il met en avant les enjeux de transparence, de sécurité juridique et de gouvernance dans un secteur considéré comme stratégique pour la relance économique du pays.
Le secteur portuaire haïtien fait l’objet de questionnements liés aux conditions d’exploitation accordées aux opérateurs privés, dans un contexte marqué par la recherche de relance économique et de stabilité institutionnelle.
Selon Benzico Pierre, l’économie haïtienne traverse une période de contraction prolongée, ce qui rend nécessaire l’identification de secteurs capables de soutenir la croissance. Le domaine portuaire figure parmi les secteurs jugés essentiels, en raison de son rôle dans le commerce international.
Un secteur stratégique pour le commerce extérieur
À l’échelle mondiale, une grande partie des échanges commerciaux transite par voie maritime. Dans la Caraïbe, la position géographique d’Haïti constitue un atout pour le développement portuaire, notamment grâce à sa proximité avec les principales routes reliant les Amériques et l’Europe.
Toutefois, la performance du secteur dépend de la modernisation des infrastructures et de la clarté du cadre de gouvernance.
Un cadre légal encadré par l’État
En Haïti, la gestion des ports relève de l’Autorité portuaire nationale (APN), créée par décret en 1985. Cet organisme est chargé de délivrer les autorisations d’exploitation, de percevoir les redevances et de contrôler les activités portuaires.
Les infrastructures portuaires demeurent la propriété de l’État, même lorsqu’elles sont exploitées par des opérateurs privés dans le cadre de concessions ou de baux.
Des interrogations sur les droits d’exploitation
La présence de plusieurs opérateurs privés dans le secteur soulève des questions sur la validité des titres d’exploitation, le respect des obligations financières envers l’État et la conformité des contrats aux dispositions légales en vigueur.
Pour Benzico Pierre, ces éléments montrent la nécessité de renforcer la transparence et la sécurité juridique dans la gestion des infrastructures publiques stratégiques.
Gouvernance et sécurité juridique
Le manque de clarté dans certains mécanismes d’attribution des droits d’exploitation peut fragiliser la régulation du secteur et créer un climat d’incertitude pour les investisseurs.
L’économiste estime que la consolidation d’un cadre juridique stable constitue une condition essentielle pour attirer les investissements privés et améliorer la compétitivité du pays.
Vers une clarification du secteur portuaire
La mise en place d’un audit des concessions portuaires est évoquée comme une piste permettant de vérifier la conformité des contrats, d’évaluer les revenus de l’État et d’identifier d’éventuelles irrégularités.
Une telle démarche viserait à renforcer la transparence sans remettre en cause la participation du secteur privé au développement des infrastructures nationales.
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