Y a-t-il une guerre ouverte entre le ministère des Affaires étrangères et le CPT ?

En marge du Sommet CELAC–Union européenne, le communiqué du ministère des Affaires étrangères (MAE) met en avant la rencontre entre le ministre Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste et la Haute Représentante de l’Union européenne, Kaja Kallas.

Pourtant, un détail intrigue et alimente la rumeur d’une fracture institutionnelle : l’absence du nom de Smith Augustin, représentant du Conseil présidentiel de transition (CPT), pourtant présent et actif lors du Sommet.

Ce silence n’est pas anodin quand on sait que la diplomatie relève traditionnellement de la présidence. Protocolairement, le ministre s’efface dès que le chef de l’État — ou son représentant — est présent. Un principe élémentaire de l’exercice diplomatique.

Dans un contexte où la diplomatie haïtienne peine à parler d’une seule voix, l’omission du CPT — organe politique censé incarner la transition — soulève des interrogations. Est-ce un simple oubli protocolaire ou le signe d’une lutte d’influence entre deux centres de pouvoir ? Le MAE chercherait-il à préserver son autonomie face à un CPT perçu comme intrusif ?

Cette tension illustre un malaise plus profond : la difficulté d’articuler la gouvernance transitionnelle autour d’une stratégie cohérente. En pleine crise sécuritaire et humanitaire, Haïti ne peut se permettre une diplomatie fragmentée.

Si la transition veut réussir, il faut clarifier les rôles, restaurer la cohérence du discours diplomatique et éviter que les querelles internes ne deviennent le reflet d’un État divisé jusque dans ses relations extérieures.

Il convient de rappeler qu’un incident similaire s’était déjà produit lors de l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre 2024, lorsque le conseiller présidentiel Lesly Voltaire avait été écarté par la ministre des Affaires étrangères d’alors, Mme Dominique Dupuy.

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