Nouvelle consécration pour la littérature haïtienne. L’Académie française a choisi de distinguer Yanick Lahens, figure majeure des lettres francophones, en lui attribuant le Grand Prix du Roman 2025 pour Passagères de nuit, publié chez Sabine Wespieser.
Le vote, très serré, s’est conclu au troisième tour. La romancière haïtienne a devancé Pauline Dreyfus (Un pont sur la Seine, Grasset) d’une seule voix, tandis qu’Alfred de Montesquiou (Le Crépuscule des hommes, Robert Laffont) figurait parmi les finalistes.
Créé en 1915, le Grand Prix du Roman de l’Académie française, doté de 10 000 euros, ouvre traditionnellement la saison des grands prix littéraires français, avant le Femina, le Goncourt, le Renaudot et le Médicis. Yanick Lahens succède à Miguel Bonnefoy, lauréat 2024 avec Le Rêve du jaguar.
Née en 1953 à Port-au-Prince, Yanick Lahens est reconnue pour son œuvre profondément ancrée dans l’histoire et la réalité haïtiennes. Lauréate du Prix Femina en 2014 pour Bain de lune, elle poursuit avec Passagères de nuit une exploration poétique de la mémoire collective et de la résistance féminine.
Son roman met en lumière des générations de femmes marquées par la traite et l’exil, d’Elizabeth, née à La Nouvelle-Orléans en 1818, à Régina, issue des milieux défavorisés d’Haïti. Par leurs luttes et leur courage, ces « passagères de nuit » deviennent le symbole d’une humanité debout.
Avec cette distinction, Yanick Lahens confirme sa place parmi les grandes voix francophones contemporaines, tout en rappelant que la littérature haïtienne continue d’inspirer et d’émouvoir bien au-delà de ses frontières.


