Le pape François : un pontificat tourné vers les périphéries, avec une attention particulière pour Haïti

Vatican, 21 avril 2025 – Le pape François, de son vrai nom Jorge Mario Bergoglio, s’est éteint paisiblement ce lundi de Pâques à 7h35, dans sa résidence de la Casa Santa Marta, au Vatican. Il avait 88 ans.

Le pape François, premier jésuite et premier pontife originaire d’Amérique latine, restera dans l’histoire comme un pape des périphéries, un homme de foi proche des exclus et profondément engagé dans les grands défis contemporains. Depuis son élection en mars 2013, il n’a cessé de surprendre par sa simplicité, sa proximité avec le peuple, et sa volonté de réformer une Église souvent perçue comme éloignée des réalités humaines.

Son pontificat a été marqué par des gestes puissants : une réforme de la Curie romaine, une attention renouvelée pour les questions sociales et climatiques, l’insistance sur la miséricorde divine, et surtout, un plaidoyer constant pour les migrants, les pauvres, les victimes d’injustice et les populations oubliées. François a redéfini le style papal : moins monarchique, plus pastoral. Son langage direct et parfois dérangeant pour certaines sphères conservatrices a néanmoins rendu l’Église plus audible dans le débat mondial.

Parmi les zones du monde qui ont le plus bénéficié de cette « pastorale des périphéries », Haïti occupe une place singulière. François a toujours témoigné d’un attachement profond pour le peuple haïtien, frappé de plein fouet par des séismes, des cyclones, l’instabilité politique et une pauvreté chronique. Fidèle à sa ligne directrice d’« une Église pauvre pour les pauvres », il a souvent dénoncé l’oubli dont Haïti est victime dans les médias et sur la scène internationale.

Après le tremblement de terre d’août 2021, le pape François a lancé un appel vibrant à la solidarité mondiale, invitant à une aide « concrète et durable » et débloquant une assistance d’urgence via le Dicastère pour le service du développement humain intégral. À travers de nombreuses interventions publiques, il a rappelé que Haïti n’était pas un peuple à plaindre, mais un peuple digne, résilient et porteur d’espérance.

Sous sa gouvernance, le Vatican a soutenu des initiatives locales dans les domaines de l’éducation, de la santé et du développement rural. Il a aussi salué à plusieurs reprises le travail pastoral de l’Église catholique haïtienne, malgré un contexte de grande insécurité. En 2023, il écrivait une lettre poignante aux évêques haïtiens, louant leur « courage évangélique » et les exhortant à persévérer dans leur mission malgré les obstacles.

Enfin, dans un monde où la tentation du repli nationaliste s’accentue, le pape François a plaidé pour une approche humaine et solidaire des politiques migratoires, appelant à un accueil digne des Haïtiens forcés de fuir leur pays.

Son regard paternel posé sur Haïti n’était pas condescendant, mais fraternel. Et à travers lui, des milliers d’Haïtiens ont trouvé dans l’Église un espace d’écoute, de consolation et de mobilisation. Le pape François aura laissé l’image d’un pasteur universel, mais aussi d’un ami sincère du peuple haïtien, fidèle à sa vocation de « pasteur des périphéries du monde ».

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