L’ancien président haïtien Michel Joseph Martelly s’est inscrit en ligne, le vendredi 16 octobre 2026, auprès du Conseil électoral provisoire (CEP) comme candidat à la présidence pour les prochaines élections, sous la bannière du regroupement politique DEBLOKE. Cette démarche marque son retour sur la scène électorale, près de dix ans après la fin de son mandat, exercé du 14 mai 2011 au 7 février 2016.
Ancien chanteur de konpa connu sous le nom de « Sweet Micky », Michel Martelly avait accédé au pouvoir après l’élection présidentielle de 2010-2011. Sa présidence a été marquée par des tensions politiques, des controverses sur la gouvernance et des difficultés institutionnelles liées notamment aux retards dans l’organisation de plusieurs élections.
Des sanctions américaines et canadiennes
Cette nouvelle candidature intervient alors que Michel Martelly fait l’objet de sanctions américaines et canadiennes. En novembre 2022, le Canada avait annoncé des sanctions contre l’ancien chef de l’État, l’accusant notamment de corruption et de soutien financier à des gangs armés.
Le 20 août 2024, les États-Unis l’ont également sanctionné pour son implication présumée dans le trafic international de stupéfiants, notamment la cocaïne, ainsi que dans le blanchiment des produits de ce trafic et le soutien à des groupes armés en Haïti. Ces accusations, que les mesures de sanction ne constituent pas à elles seules une condamnation judiciaire, ont alimenté les débats sur la responsabilité de personnalités influentes dans la crise sécuritaire haïtienne.
Une candidature soumise à l’examen du CEP
Toutefois, l’inscription en ligne de Michel Martelly ne signifie pas que sa candidature est définitivement agréée. Le CEP doit examiner son dossier et vérifier sa conformité aux exigences du décret électoral en vigueur.
Les modifications apportées à ce texte ont supprimé l’obligation pour les candidats de fournir une attestation relative à l’absence de sanctions étrangères sur leurs avoirs, tandis que les personnes visées par des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies restent exclues du processus électoral.
Les sanctions américaines et canadiennes visant l’ancien président relancent ainsi les interrogations sur son éligibilité. La décision du CEP sera déterminante pour établir s’il pourra effectivement participer à la prochaine élection présidentielle, dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement difficile.


